Menu

Mieux sans toi

Tu me disais que je serais mieux sans toi, que je n’avais plus rien de bon à tirer de toi, que ta personne n’avait plus rien de bon pour moi.

Tu me disais que le pouvoir de me rendre heureuse, tu l’avais perdue, que les larmes sur mes joues le prouvait et rappelait ces multiples promesses non-tenues, ces déceptions qui s’alignaient.

Tu me disais que tu devais partir, que tu n’en pouvais plus de me voir souffrir. Souffrir à cause de toi. Souffrir de toi. Tu n’en pouvais plus de voir chaque parcelle de mon corps se fendre au malheur d’imaginer ma vie sans toi, d’imaginer un avenir dans lequel tu n’étais pas.

Tu me disais que ce n’était pas moi, c’était toi. Que la recette pour être heureuse, je la connaissais bien, mais que tu ne l’avais pas et que, de toute manière, tu ne voulais pas partager la mienne ; que le bonheur, ça te brûlait les doigts ; que tu ne savais pas comment faire avec ça. Que l’avenir possible devant toi t’étouffait, t’effrayait, te tuait.

Tu me disais que c’était comme ça que l’on pourrait sauver deux âmes émaillées ; que l’on pourrait se sauver ; que ce n’était pas en se tiraillant et en s’attachant aussi fort l’un et l’autre que l’amour resterait ; que l’envie d’une vie à deux resterait.

Tu me disais que me mentir, tu n’en pouvais plus ; que mes yeux pleins de questionnements, les regarder, tu n’en pouvais plus ; que mes soupirs de découragement, d’angoisse, les entendre, tu n’en pouvais plus. Tu devais regarder ailleurs, où tes maladresses n’avaient pas encore frappé ; où le mensonge n’avait pas encore sonné ; où le cœur n’avait pas déjà été rapiécé.

Tu me disais que je serais mieux sans toi ; que tu étais vide de ce que je souhaitais ; que tu étais vide de ce que je voulais.

Je ne te croyais pas. Comment j’pourrais être mieux sans toi? Sans tes yeux, ton parfum, ton rire, tes réponses pleines de sarcasme, ton tout? Comment pourrais-je être mieux sans ça? Je n’y croyais pas.

Pourtant, t’avais raison. Je suis mieux sans toi aujourd’hui et j’ose espérer que tu es mieux sans moi aussi. Ce que je n’avais pas le courage de voir des mois plus tôt, je le sais maintenant. Tu ne pouvais plus rien tirer de moi non plus. On s’était vidé.

À la nôtre, mieux sans l’un et l’autre.

Source photo de couverture

Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Pin on PinterestShare on TumblrShare on StumbleUponShare on LinkedInEmail this to someone

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

© La Fabrique Crépue. 2017. Tous droits réservés
Une réalisation de