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La fatigue de la fin de session

Je suis fatiguée. Fatiguée de tout. Fatiguée de n’importe quoi. Un stylo qui fonctionne mal, ça me fatigue, quelqu’un qui renifle, ça me fatigue, le bruit de TV en background, ça me fatigue. La fin de session, ça me fatigue… Non. Ça, ça m’épuise.

Je vois une nuance entre « ça me gosse », « ça me fatigue » pis « ça m’épuise ». C’est comme l’échelle de Richter pis là, la fin de session, c’est un bon séisme de magnitude 8 et plus. Un séisme qui me secoue de l’intérieur.

Pis ce n’est pas tout. Une secousse n’attend pas l’autre. Un coup qu’un travail est remis ou qu’un examen est terminé, un petit soulagement m’est attribué avant qu’on me l’arrache de force par une autre secousse. Il faut recommencer à étudier pour le prochain. Sans perdre une minute, je m’y remets.

Pas de répit pour les étudiants comme moi. Pis c’est angoissant tout ça : j’ai l’impression que si je ne passe pas tout le temps que j’ai à étudier, c’est ma note directement qui va écoper. Et dès que j’ai un minimum de temps à m’accorder, je me sens coupable de ne pas étudier. Pis c’est ça qui m’épuise au fond : de me sentir mal à tout bout de champ de ne pas étudier, donc décider d’étudier, mais être écœurée comme ça ne se peut pas de lire et relire les Power Point de monsieur chose.

Je me lève, j’étudie, je vais à l’école en avance pour étudier, je vais à mes cours, je reste un peu plus tard pour étudier, je reviens chez moi, je mange en continuant une lecture, je me lave rapidement parce qu’il faut que j’étudie, je me couche tard parce que j’étudie pis je me relève tôt le lendemain pour être sûre d’avoir du temps pour étudier. Tout ça, à tous les jours, pendant toute la fin de session.

Pis si j’ai l’audace de sortir un soir avec mes amis ou de monter mon sapin de Noël – parce que l’étude m’a presque fait oublier que c’est bientôt Noël – un samedi après-midi, je ne fais que penser au temps que je viens de perdre pour étudier pis à ma note qui vient de prendre une drop. Et la routine recommence.

Je suis épuisée de faire ça, mais je ne dois pas lâcher.

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