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La fois où j’ai perdu mon cell

Un soir frisquet de décembre dans les grandes rues de Montréal, j’ai perdu mon iPhone 8 flambant neuf. En plus d’avoir eu l’impression de perdre une partie de mon âme (ce qui est plutôt triste, étant donné qu’on parle ici d’un objet), j’ai aussi eu l’impression de perdre mon avoir qui vaut le plus cher.

Après quelques larmes, des recherches approfondies sur Saint-Laurent et une crise de nerfs, j’ai perdu espoir. Je me suis traînée le corps jusque dans mon lit et je me suis endormie en rêvant à mon objet préféré.

Le lendemain, j’ai même cru que ce n’était qu’un cauchemar, que ça ne pouvait pas arriver. Quand j’ai repris conscience, j’ai refait mon processus initial : crise de larmes.

Les heures ont passé. Des heures et des heures à traîner mon MacBook dans toute la maisonnée à me ressasser combien la vie était belle lorsque j’avais un téléphone. J’ai eu l’impression que si la fin du monde arrivait, personne ne m’en aviserait, parce que je n’avais plus accès à la conversation de groupe avec mes amies.

Je me suis sentie démunie et j’avoue que j’en suis gênée. J’empruntais le cell des autres juste pour me rappeler de bons souvenirs.

Les jours ont passé et je me suis calmée. En fait, durant les deux jours suivants, je ne me suis jamais sentie aussi zen de toute ma vie. Comme si personne ne m’attendait nulle part dans le monde. Comme si un poids tombait. Je ne me suis jamais rendu compte à quel point le son de ma sonnerie m’alarmait. Avoir l’impression de vivre tout au complet sans être distraite par ce qui se passe dans mon écran. J’ai même (presque) délaissé le MacBook, quitte à répondre à mes messages aux cinq heures.

Je recommande l’expérience à tout le monde, si comme moi, vous êtes accro à votre cellulaire, parce que je peux clairement dire que je le suis.

Ça fait presque trois jours et demi, malheureusement. Demain, j’aurai un nouveau téléphone. Je suis persuadée qu’au premier frôlement de pitons, je retomberais dans mon vice. Ces trois jours et demi de zénitude me quitteront et je redeviendrai la femme qui défile son Instagram intensément à la place d’écouter les nouvelles, sauf que je pourrai me ressasser les doux moments où mes mains étaient libres et ma tête vide.

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