Menu

Cinq années sans toi

C’était il y a cinq ans.

Cinq ans…

Cinq ans.

C’est fou. Complètement fou. Je ne peux pas croire que je suis là.

Je me souviens de notre dernière conversation. C’était il y a cinq ans moins un jour. Un de nos appels réguliers… pour te demander comment ta journée a été, pour te raconter la mienne, pour jaser de notre prochaine rencontre. Raccrocher sans savoir.

Le lendemain, j’ai essayé de te rappeler. Plusieurs fois. J’avais oublié de te dire quelque chose. Mais tu ne répondais pas. Tu ne répondrais plus.

Personne n’avait annoncé cette tempête. Elle a frappé de plein fouet, d’un seul coup. Une terrible surprise. J’ai toujours haï ça, les surprises.

J’ai eu peur. Peur de ne pas être capable de vivre sans toi. Peur d’apprendre à vivre sans toi. Peur que le temps s’empare de toi.

Je me suis accrochée à tout ce qui était toi, sentait toi, ressemblait à toi. Je voulais que tout me rappelle toi, pour toujours.

J’ai caressé nos souvenirs, j’ai rempli le trou que tu as laissé derrière toi de mes larmes, j’ai porté ta force en moi, j’ai traversé le temps.

On m’avait dit que ça me prendrait un bon cinq ans pour me remettre de ton départ. Ça m’a fait peur. Être triste pendant 5 ans, c’est long longtemps.

Mais je n’ai pas été triste pendant cinq ans. Il y a eu des jours heureux. Et grâce à toi, je me suis mise à les goûter un peu plus. À les apprécier différemment.

Quand tu es parti, j’ai eu l’impression de perdre un organe vital. Que je vivrais amputée de quelque chose d’essentiel pour toujours.

Mais mon être s’est régénéré. Un petit morceau à la fois. Ça forme une cicatrice. Une cicatrice qui est à la fois toi et moi. C’est beau ça, non?

Quand tu es parti, tu ne m’as rien enlevé. Tu m’as tout donné. J’ai choisi de prendre ce qui tu m’avais offert, de le planter à l’intérieur de moi et de le faire grandir.

J’ai dû défricher tout ça. Reconnaître qu’il y avait quelques mauvaises herbes dans notre jardin, comme tout le monde.

Parfois je t’en veux. Je t’en veux de m’avoir créée comme ça. De m’avoir légué tes boulets.

Parfois je te remercie. Je te dois qui je suis. J’ai toutes tes qualités. Pis tes défauts aussi, mais ça, je travaille fort pour les adoucir un peu.

Parfois je m’ennuie. Je voudrais que tu sois encore là. Que tu t’occupes de mes petits problèmes.

Et là, ça fait cinq ans que je chemine là-dedans. Que je change, que j’évolue.

On fait tout ça ensemble, parce que tu n’es jamais vraiment disparu.

Il y a cinq ans, j’ai eu peur que ma vie soit chamboulée. J’ai eu peur de te perdre et de me perdre avec toi.

Mais, cinq ans plus tard, force est de constater que je me suis trouvée. Je nous ai trouvés.

Y a rien pour remplacer un sourire ou un câlin. Jamais.

Mais y a du doux, du fort et du réconfortant dans nos souvenirs. Et aujourd’hui, cinq ans plus tard, ça me suffit.

Source photo de couverture

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

© La Fabrique Crépue. 2018. Tous droits réservés
Une réalisation de