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À toi, qui broies du noir

Au secondaire, j’ai longtemps été celui qui ruminait dans son coin, en silence. Celui qui en voulait énormément aux autres, pour toutes les raisons du monde ou pour aucune raison en particulier. J’étais froid et assez rancunier envers tout le monde, même envers mes amis.

Honnêtement, mes amis, je sais pas comment vous avez fait pour me supporter. Vous méritez une médaille ou un trophée (j’vous aime).

J’avais monté de toutes pièces une façade, pour ne pas que personne puisse m’attaquer, m’intimider ou me faire sentir comme un moins que rien. Parce que, on va se le dire, le secondaire restera toujours cet endroit où se faire maltraiter par quelqu’un est aussi facile que s’acheter un jus de pommes à la cafétéria.

Mais, la vérité, c’est que je n’étais pas bien là-dedans, derrière mes murs sans fenêtres.

Pas bien du tout.

J’avais envie de m’adresser, aujourd’hui, à toutes ces personnes pour qui ça va pas. C’est peut-être toi, c’est peut-être ta meilleure amie, ton frère, le petit gars à qui tu donnes du tutorat le mardi après la dernière période, etc.

Alors je m’adresse à toi, qui manques de plus en plus de cours parce que tu n’as plus la force de te sentir inférieur aux autres, même si tu ne l’es pas.

Et à toi, aussi, qui manges toujours seul à la cafétéria, par choix ou par défaut.

À toi, qui se fait pousser dans les casiers et traiter de tous les noms.

À toi, qui n’es plus capable de supporter ce poids sur tes épaules.

T’as le droit d’aller chercher de l’aide, de dire non, de t’opposer. C’est pas mal d’affirmer que tu n’es pas bien avec la situation dans laquelle tu te trouves. Pis surtout, c’est pas mal de dénoncer. So what, tu vas te faire traiter de « stool » par les autres. On s’en fout. C’est toi avant les autres.

Prends soin de toi, pis mets-toi dans des situations qui te font te sentir bien.

Alors, à toi qui broies du noir et qui n’en peut plus, je tiens tout simplement à te dire que ça vaut la peine de s’accrocher et de tenir bon, parce que les choses ne seront pas toujours aussi dures, crois-moi. Et, aussi quétaine, kitsch et surutilisé que ça puisse te semble : « It gets better. »

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