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Je suis un bordel

J’ai une tempête dans le bas du ventre. Elle m’accompagne en permanence, prête à sortir, mais toujours au mauvais moment. J’ai une tempête qui cogne dans mon moi tout entier. Il y a des jours où elle est plus fragile, où elle frappe plus fort, parce que j’ai mal dormi ou que j’ai eu une journée médiocre.

J’ai la fleur de peau très fragile. Une mince couche de ciment pour pas que je ne m’effondre au premier coup de vent. Je ne protège ni mon corps, ni mon cœur. Je ferme les yeux devant les gros murs qui font peur et j’avance en courant. J’ai une tempête d’émotion qui joue avec mes réflexions et mes nerfs.

Je hurle au mauvais moment. Je pleure quand il ne faut pas et je ris quand la nervosité s’installe en moi. Souvent, elle plante ses racines sans me demander mon avis.

J’ai l’air de savoir ce que je fais, parce que je le fais vite sans y penser deux fois. Mes propos se mêlent et perdent leur premier sens. J’ai les yeux qui coulent facilement, tous seuls même. Je suis un grand bébé à qui les berceuses ne suffisent plus.

Je suis une grande amoureuse, une grande émotive, une grande tête folle, une grande folle parfois aussi.

Je crise et je regrette et j’y repense et ça a du sens et je me remets en question et je pleure et je ris de moi-même et de tout ce qui se passe dans ma tête et je recommence sans scrupule.

J’explose dans une chorégraphie improvisée qui se termine par un moi dénudé au complet. Je ne m’excuserai pas de m’emporter, j’admettrai encore moins que j’ai eu tort.

J’ai une tempête qui n’attend jamais son tour pour écraser la raison. Pour écraser la logique et les réflexions censées d’adultes qui paient des comptes d’Hydro. Je sais pertinemment que réagir en fonction de ce que nos tripes nous chuchotent, c’est loin d’être la meilleure des façons de faire.

J’apprends à jongler avec mon impulsivité ravageuse. Je refuse de devenir une grande personne inébranlable qui ne pleure plus, ne rit plus, ne vit plus ; qui n’aime plus fort, qui rit en coin, qui se sèche les yeux. Une grande personne triste par en dedans qui oublie de sourire un peu plus tous les jours, juste pour montrer aux autres combien tout est sous contrôle.

Je suis un bordel. Un bordel d’émotion qui ne se classera jamais en ordre alphabétique. J’amplifie tout ce que je ressens pour que ça fasse plus beau. Je suis une drama queen qui offre des spectacles quotidiens.

Je suis mélangée et dure à suivre, mais je me sens en vie jusque dans la moindre parcelle de mon corps de femme fragile et émotive et heureuse et triste et bien et mal et tout ce que l’on peut être pour se sentir l’intérieur.

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