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Le vrai prix à payer pour s’habiller

Vêtements à petits prix, collections qui ne cessent de se renouveler, une mode « jetable » qui change à une vitesse folle; la fast-fashion, c’est le même principe que le fast-food; beau, bon, pas cher. Mais à quel véritable prix?

Dans les vingt dernières années, la manière de produire et de consommer nos vêtements a massivement changé. Les compagnies de textile vendent des produits à des prix extrêmement bas, tellement bas qu’il n’est pas grave d’acheter un morceau pour ne le porter qu’une seule fois (ou même jamais) et ensuite s’en débarrasser. C’est quoi le problème là-dedans, si on peut maintenant avoir tout plein de vêtements pour un prix plus que raisonnable?

Vous avez probablement souvenir de l’immeuble de neuf étages qui s’est écroulé sur des milliers de travailleurs au Bangladesh en 2013? Cette tragédie, qui a fortement fait réagir les gens partout autour du globe, aurait dû suffire à changer notre mode de consommation. Pourtant, les t-shirts à 5 $ chez H&M et les jeans à 20 $ chez Zara qui continuent de quitter les présentoirs à une vitesse folle nous prouvent le contraire.

Au sein des compagnies de fast-fashion, tout est mis en œuvre dans le but de faire le plus de profits possible, le plus rapidement possible. Les droits humains sont donc perdus en cours de route. Les pays comme le Bangladesh et la Chine, grands favoris de l’industrie, fabriquent des vêtements à des prix plus bas que n’importe où ailleurs, tout simplement parce qu’il n’y a aucun investissement dans la sécurité là-bas. Les employés doivent travailler beaucoup trop d’heures à un salaire beaucoup trop bas, dans des conditions de travail inacceptables.

Avec la fast-fashion, nous sommes déconnectés des gens qui fabriquent nos vêtements. Vous êtes-vous déjà demandé qui avait fabriqué le chandail que vous portez aujourd’hui? Où cette personne habite-t-elle? Quel âge a-t-elle? À quoi ressemble sa vie?

Prendre conscience de la vie humaine derrière chaque chose que nous portons est une étape importante au processus de changement dans nos sociétés.

L’impact environnemental associé à la surconsommation de vêtement n’est également pas négligeable. L’industrie du textile se trouve même à être le deuxième plus grand pollueur au monde après l’industrie pétrolière. Surprenant, mais les quantités monstrueuses de pesticides utilisés pour la production du coton, les millions de litres d’eau souillés pour colorer les vêtements et la quantité de produits chimiques toxiques déversée dans les ruisseaux, rivières et lacs de ce monde en sont la preuve.

L’Américain moyen génère 37 kg de déchets de textiles par année. Les grandes quantités de produits chimiques qui sont stockés dans ces vêtements retournent donc dans les sols, l’air et les cours d’eau au moment de leur dégradation. Les vêtements de polyester, quant à eux faits à base de plastique, prendront des centaines d’années avant de se décomposer.

La production du cuir entraîne également un coût énorme pour l’environnement. Elle est parmi les plus toxiques de toute la chaîne de production de fast-fashion. Des millions de litres d’eau chargée en produits nocifs utilisés pour tanner le cuir sont déversés dans les cours d’eau chaque jour. La quantité de nourriture, de terre, d’eau et de combustibles fossiles nécessaire pour élever du bétail destiné à la production de cuir est aussi très importante.

Les solutions

Si vous avez envie de dire non à la fast-fashion, vous pouvez par exemple acheter en friperies afin de consommer autrement et de redonner une nouvelle vie aux vêtements. Acheter des produits locaux et/ou équitables est également une bonne solution. Il faut tenter de « stopper » la roue de la surconsommation, en achetant des produits dont on a réellement besoin et en les utilisant jusqu’à la fin de leur vie.

L’industrie du textile, qui génère presque trois trillions de dollars par année, est trop grande et a trop d’impact sur notre monde pour qu’on se ferme les yeux sur les problèmes qu’elle engendre.

Nous devons briser notre dépendance à la rapidité et à la quantité. Nous devons prendre conscience du véritable prix de chaque chose cheap disponible sur le marché. Nous devons acheter moins, acheter mieux, en nous posant continuellement des questions sur la réalité derrière ce que l’on achète.

Pour en savoir plus :

  • Visionner le documentaire The True Cost, disponible sur Netflix


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