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Vivre avec moins

Les tiny houses m’ont toujours charmée. Les décors très minimalistes, les rangements méticuleusement réfléchis… Vivre dans un si petit espace oblige de garder le strict minimum, ou du moins de s’en tenir à l’essentiel. Je m’imaginais vivre dans une d’elles plus tard. Ça me fascinait de constater à quel point ces gens peuvent vivre avec si peu et être heureux. Puis, j’ai déménagé à l’autre bout du Canada, en voiture, avec presque rien. Ça nous a obligés à faire le ménage de toutes ces choses qu’on avait accumulées au courant de notre jeune vie, et à s’en tenir à ce qu’on croyait qui était notre essentiel – et en fait, c’était encore beaucoup trop. Déménager à Vancouver a définitivement été le plus beau cadeau que j’ai pu me faire dans la vie, car en plus de m’ouvrir sur le monde, j’ai ouvert ma conscience sur l’écologie et sur ma façon de consommer entre autres la nourriture, les produits et les vêtements.

Je me suis bien vite rendu compte que les tiny houses qu’on voit sur Instagram sont bien jolies, mais qu’elles sont bien souvent plus isolées de la société et qu’on doit avoir une voiture pour s’y rendre. Habiter en ville m’apparaissait une bien meilleure idée. Tout est accessible à pied, et ça fait du bien au corps et à la tête de marcher et prendre l’air. J’ai fait le choix de troquer ma voiture pour le transport en commun, et depuis, je me sens tellement plus légère, financièrement, mais aussi émotionnellement. Un stress de moins à être dans le trafic pour se rendre au travail le matin. Bien sûr qu’on est un peu moins autonome lorsqu’on est à pied, et que je m’ennuie parfois de conduire vers nulle part les dimanches après-midi de congé, mais mon choix me rend beaucoup heureuse à présent.

Durant ma vie sur la côte ouest, j’ai rencontré des gens formidables qui ont changé ma façon de voir la vie. J’ai côtoyé à mon travail une femme qui avait travaillé autrefois dans une usine de production de vêtements en Asie. Je te dirais que ça a pas mal été l’élément déclencheur sur mon questionnement d’où proviennent mes vêtements. Je priorise maintenant la qualité à la quantité. Ce n’est pas toujours facile, je t’avouerais. Je suis loin d’être riche, mais je n’ai plus ce « besoin » de devoir posséder un walk-in plein à craquer de vêtements. J’en ai eu un, et ça ne me rendait pas plus heureuse. Il m’arrive encore parfois de ne pas être capable de résister à la tentation d’une petite robe fleurie provenant d’un magasin fast fashion, mais je te dirais que bien souvent, je réussis. J’ai aussi rétabli ma garde-robe autour de mes basiques, en essayant de m’en tenir à une petite quantité de vêtements. Lorsque je m’achète un nouveau morceau, je dois me départir d’un ancien. C’est ma nouvelle règle.

Pour ce qui est des produits de beauté, j’ai encore du travail à faire làdessus, mais comme c’est mon métier, je crois que je suis raisonnable. Depuis un certain moment, je ne dépense plus mon argent dans les gammes qui font des tests sur les animaux. Et idéalement, je regarde pour des produits qui sont végétaliens. Je suis aussi beaucoup plus alerte quant aux ingrédients que contiennent mes produits. Mes choix se restreignent  donc un peu plus, et ça me pousse à faire des recherches plus approfondies sur leurs origines.

On fait croire à notre société qu’on doit faire beaucoup d’argent pour être heureux. Posséder plein de beaux vêtements. Avoir une maîtrise pour faire un métier payant. Se dépêcher de vivre. Être en couple le plus rapidement possible, sans vraiment prendre le temps de se connaître. Habiter une grande maison, avec deux voitures en avant. Faire une grande cérémonie de mariage avec tout le flafla. Mais chaque fois qu’on réussit à en atteindre un objectif, notre besoin est comblé pour un moment, et ensuite on en veut encore.

La vraie richesse vient le jour où l’on comprend qu’on n’a pas besoin de posséder plein de choses pour être heureux.

Bon vendredi, Crépu.e! xxx

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