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Sensibilisation aux troubles alimentaires

J’allais écrire ce texte et, comme chaque fois que je souhaite aborder le sujet, j’ai de la difficulté à le formuler. Ça a bien beau faire des années que tu vis avec un trouble alimentaire, c’est pas toujours facile d’expliquer à quelqu’un comment sensibiliser à ça, ce qui est faisable pour rendre la situation moins critique, ou tout simplement pour se faire considérer. C’que j’veux dire, c’est que c’est souvent pris à la légère, parce que, après tout, « on est toujours bien maître de ce qu’on décide de manger ou pas ». C’est un peu ça, la croyance populaire. C’est moins pire que quand j’étais plus jeune, mais c’est encore loin d’être idéal. Ceci étant dit, j’ai de la misère à en parler quand en vient le temps, parce que : par où commencer? Tout simplement. La question est encore tabou et le sujet, encore plein de stéréotypes, de malaises, et est même oublié.

Et puis, j’suis allée chez le médecin hier matin. Et c’est littéralement hier matin. J’suis allée chez le médecin le mercredi 31 janvier. Un examen annuel. Mon médecin me dit : « ton état de santé semble excellent. » Ça fait juste quelques années que j’ai ce médecin-là. Il ne connait rien de mon adolescence, et, à part me demander si j’ai des « antécédents de maladies quelconques » pour être honnête, il n’a pas creusé davantage. Ben non, Doc, en 5 minutes dans ton bureau 1 fois par année pour ma prescription de pilule, j’te dirai pas, « hey, by the way, je souffre de boulimie combinée à de l’anorexie périodique depuis maintenant 12 ans! ».

Alors, mon médecin me dit que les facteurs de risque, dans le cas d’une fille de vingt ans en santé, sont : alcool et drogues, vitesse au volant, ITSS. Oui, ce sont des facteurs de risque, jamais vous ne me verrez m’y opposer.

J’aurais aimé que mon médecin, malgré mon poids normal et le fait que je m’entraîne 7 fois par semaine, me parle d’autres facteurs de risque. Parce que les troubles alimentaires sont, oui, un facteur de risque, mais surtout un terrain extrêmement glissant, difficile à aborder, et que, reconnaître que les TCA sont présents et que personne n’en est à l’abri, c’est le début d’une sensibilisation à haute échelle.

Je suis la combientième personne à qui il fait son discours sur la vitesse au volant en oubliant de parler alimentation, estime de soi, relation avec soi-même, avec la nourriture?

C’est pas ta faute, Doc. Je sais, pis j’t’aime pareil, t’sais. Mais la sensibilisation doit être faite à tous les niveaux, et auprès de tous.

Les troubles alimentaires n’ont pas de visage, n’ont pas de poids, n’ont pas de sexe. Les troubles alimentaires sont difficiles à détecter, ils ne sont pas des preuves de détermination et de volonté, ils ne sont pas « gagner une guerre contre les calories ».

Les troubles alimentaires sont des vipères qui envahissent les vies rapidement, silencieusement. Des mauvaises habitudes alimentaires peuvent facilement passer pour des bonnes et sont facilement camouflables.

Si tu te questionnes ou si tu as des inquiétudes par rapport à toi, à un de tes proches.

Adresse-toi à des professionnels de la santé ou aux organismes dans le domaine. Ton médecin ne te le mettra peut-être pas sur un plateau d’argent, mais parle-lui-en.

Tu n’es pas seul.e avec ton trouble; tu ne le seras jamais.

Pour plus d’informations, c’est ici.

Anonyme

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