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Vivre avec les séquelles d’une commotion cérébrale

« J’ai les yeux rivés sur le chien qui court comme un fou au milieu de la rue. Évidemment, je ne veux pas qu’il se fasse frapper, alors je le surveille attentivement. C’est pour ça que je n’ai pas vu arriver la voiture de l’autre côté. Avant de réaliser ce qui se passe, je me retrouve par terre, ma tuque a revolé plus loin et j’ai un bumper de char vraiment trop dans mon champ de vision. »

Ça fait maintenant 10 ans que j’ai eu cet accident. Sur le coup, je n’ai pas su que j’avais subi une commotion cérébrale ou plutôt un léger traumatisme crânien. J’ai pris quelques instant pour reprendre mes esprits suite à l’impact, je me suis tâté la jambe (fiou! rien de cassé), j’ai regardé autour de moi et j’ai réalisé que je bloquais la circulation routière. Je suis rentrée chez moi, à deux pas de l’accident.

Je ne savais pas qu’on pouvait avoir une commotion cérébrale sans impact direct à la tête. C’est ce qui m’est arrivé. Selon le Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, la commotion cérébrale est une « blessure invisible causée par un coup direct à la tête ou un impact à toute autre partie du corps qui transmet une force impulsive à la tête. » Bingo!

Au cours des jours suivants, j’ai commencé à avoir des étourdissements, de la fatigue extrême, des maux de tête fréquents, une incapacité à me concentrer, un manque d’équilibre, etc. J’ai consulté différents spécialistes qui n’arrivaient pas à trouver ce que j’avais : rencontre avec un ORL, tests d’audition et d’équilibre, tout ça pour me faire dire qu’apparemment, rien ne clochait chez moi.

Plusieurs mois après l’accident,  je ressentais toujours de nombreux effets indésirables : je n’arrivais plus à regarder le métro passer (ça m’étourdissait), je n’avais plus autant d’énergie qu’avant, je n’avais pratiquement plus de tolérance à l’alcool, j’avais beaucoup de difficulté à me concentrer et j’étais passée près d’un échec scolaire.

Je ne savais toujours pas ce que j’avais, mais une chose était claire : je ne serais plus jamais la même. J’ai rencontré quelqu’un (mon copain actuel) qui avait subi un traumatisme crânien sévère suite à un accident de sport et, en discutant avec lui et sa mère, j’ai compris ce qui m’était arrivé.

Puis, viennent les effets à long terme d’une commotion cérébrale ou d’un traumatisme crânien : apprendre à fonctionner avec les séquelles. Il faut se résigner à faire le deuil de certaines de ses capacités, parce que, non, tout ne reviendra pas comme avant. Pour ma part, j’ai du dire adieu pour de bon à plusieurs choses. Mon énergie n’est jamais revenue comme elle l’était avant l’accident, même chose pour ma concentration et mon équilibre. Mes étourdissements sont toujours présents (à l’occasion, mais ils ne sont pas complètement disparus). Je ne supporte pratiquement plus l’alcool. Je dois d’ailleurs souvent faire face au regard et au jugement des autres, surtout en lien avec mon manque d’énergie et ma faible tolérance à l’alcool. Je suis plate du point de vue de plusieurs personnes, car je me couche tôt, je bois peu et je sors rarement. Mon copain vit encore plus avec ce genre de jugement. Il a même perdu la plupart de ses amis à l’époque de son accident, car il n’était plus le même et les gens de son entourage l’ont laissé tomber.

Pourtant, on continue à vivre, on réapprend à se connaître soi-même, on découvre qui on est devenu et de nouvelles aptitudes se développent. La preuve que le cerveau humain est la plus belle des machines et qu’il sait s’adapter face à l’adversité. J’aurais bien aimé ne pas avoir été à ce coin de rue il y a 10 ans, mais je ne peux rien y changer. Alors, je reste positive au sujet de l’avenir et, maintenant, je suis alerte dès que je mets les pieds dehors. Comme quoi, ça n’arrive pas qu’aux autres ; pas qu’aux joueurs de hockey ou de football.

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