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Qu’est-ce que le genre?

Le genre est l’un de ces concepts que tout le monde croit comprendre, mais que la plupart ignore[1]. Le genre n’est pas binaire. Les êtres humains ne sont pas deux catégories distinctes et plusieurs d’entre nous existent entre les pôles normatifs établis par la société. Il est important de prendre en considération qu’aucune catégorie n’en engendre une autre. Elles sont toutes indépendantes l’une de l’autre, ce n’est pas l’un ou l’autre et dans plusieurs cas il peut s’agir des deux et plus. Dans le texte qui suit, je m’appuierai sur ce délicieux petit biscuit gingenre pour démêler avec vous, le concept du genre.

bonhomme gingenre
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Les quatre dimensions du modèle de la « personne gingenre » sont : l’identité de genre, l’expression de genre, le sexe biologique et l’attirance sexuelle/émotionnelle.


L’identité de genre 

L’identité de genre correspond à la façon dont nous définissons notre genre, dans notre esprit, puisque le sexe biologique n’engendre en aucune façon le genre identitaire d’une personne. Bien que les constructions sociales tendent à nous le faire croire. Dans ce modèle, nous pouvons situer notre identité de genre comme étant une identité bispirituel (identité spirituelle appartenant aux autochtones), intergenre (avoir une identité de genre non binaire), de femme ou d’homme. Il faut garder en tête qu’il est possible de se définir de plus d’une façon telle qu’en ayant une identité de genre qui tend vers le masculin et vers le féminin à différents niveaux par exemple.

L’expression de genre 

L’expression de genre vient, quant à elle, faire référence à la manière dont un individu projette son genre dans la façon dont il s’habille, ses actions, ses goûts, son attitude… Tout ceci en se basant sur les caractéristiques de genre associées aux hommes et aux femmes définies par notre conditionnement social et non comme étant des associations naturelles (les normes se modifient selon le temps et l’endroit où la préformation de genre se déploie). Le but de cette dimension du « bonhomme gingenre » est de démontrer qu’il peut être tout à fait normal d’avoir une expression de genre (féminine, masculine, queer, neutre, etc.) distincte de toute appartenance que nous avons à une autre catégorie.

Le sexe biologique 

La troisième dimension — le sexe biologique — renvoie au biologique et au physiologique de la personne, soit les caractéristiques sexuelles d’un individu à sa naissance ou durant sa croissance. Par exemple, les organes sexuels, la forme du corps (les seins, le torse plat), les hormones (œstrogène, testostérone) et les chromosomes (XX, XY). Avec cette dimension du genre, il est possible d’observer que le genre ne se résume pas qu’aux femelles et qu’aux mâles et qu’il est également possible d’être une personne intergenre (posséder des caractéristiques n’étant pas que de l’ordre du féminin ou que de l’ordre du masculin) ou une personne transgenre (une femme assignée à un corps d’homme ou l’inverse). Cette dimension vient également déconstruire la façon binaire que nous avons de concevoir les êtres humains comme étant soit des femmes ou des hommes.

L’orientation sexuelle 

La dernière dimension représente l’orientation sexuelle et émotionnelle basée sur l’attirance vécue par une personne. L’attirance émotionnelle et sexuelle peut se vivre envers la femme, le féminin et/ou la féminité ou alors envers l’homme, le masculin et/ou la masculinité. Ces distinctions sont bien importantes puisqu’il est possible d’être attiré envers la féminité et le féminin sans pour autant être attiré par des femmes, et cela est de même pour le masculin et/ou la masculinité. Cette dimension vient par ce fait déconstruire l’image du modèle hétérosexuel comme étant la norme. Une femme n’est pas « naturellement » attirée sexuellement ou émotionnellement par un homme et vice-versa; il s’agit que d’un construit social.

Donc, ces quatre dimensions sont conçues de façon complètement indépendante, ce qui veut dire que le fait d’appartenir à une seule ou à une combinaison d’étiquettes dans une dimension X n’engendre pas notre appartenance immédiate à certaines étiquettes dans une autre dimension du modèle. Aucune dimension n’a d’incidence sur une autre dimension.

Source photo de couverture

[1] Phrase tirée de l’image du bonhomme gingenre.

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