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Te sens-tu à ta place?

Comme être sur son X. Vous dire que j’adore cette expression serait encore trop faible.

Vous savez, être heureux dans la vie? Dans notre vie? Croire qu’on ne voudrait pratiquement rien y changer? Être à la bonne place malgré les p’tits problèmes d’argent parfois et pas si graves que ça finalement, les enfants qui pourraient nous écouter plus ou le travail qui pourrait être plus motivant?

C’est ça, être sur son « X ». Être bien, tout simplement, dans le plus grand nombre de domaines de notre vie possible.

Pas qu’on ne puisse pas être heureux si on n’est pas tout à fait dessus, mais sentir que plusieurs parties de nous le chevauchent fréquemment.

Et si on essayait au moins constamment de s’en approcher, de l’effleurer, de le survoler?

C’est tellement symbolique et représentatif de ce que le bonheur doit être. Remarque que d’être complètement sur son « X » est difficile. Ça implique que tout aille pour le mieux au niveau amoureux, professionnel, amical, familial et monétaire. Et pourquoi pas? On a tous notre mot à dire dans tous ces domaines, non? On ne contrôle pas tout, mais on peut faire LA différence pour tenter de les améliorer.

Présentement, je ne suis moi-même pas tout à fait sur mon « X », mais je vois où il est. Je le sens très près. Je ne peux m’y rendre complètement en ce moment, mais j’y travaille. Au pire, je l’apporterai à moi, sous mes pieds.

Dans la vie, y a des choses difficilement explicables comme : « Pourquoi je ne sue que de l’aisselle gauche quand j’ai chaud? », mais sinon : « Pourquoi être heureux n’est pas donné à tout le monde? » Je croise souvent un itinérant prénommé Guy (je sais qu’il s’appelle Guy parce que je connais bien sa fille et aussi parce qu’au nombre de fois que la femme qui l’accompagne, aussi itinérante, crie son nom quand je les croise, eh bien ça m’est rentré dans tête aussi vite qu’un écureuil gobe une noix).

Guy est sale. Guy a les cheveux gras. Guy n’a pas de maison, de travail, d’amoureuse et encore moins d’argent – à part celui dans son p’tit gobelet que le peu de gens osent lui mettre dedans quand ce n’est pas moi qui ne le fait pas parce que je n’ai jamais de monnaie, en lui disant en plus un « non merci » quand il le demande si gentiment, si poliment.

Mais savez-vous quoi?

Guy est heureux. Pourrait-il l’être plus? Peut-être. Mais il respire la joie de vivre. Ça se voit dans son expression, dans son comportement, dans sa zénitude. Sans vous expliquer le pourquoi je le sais, sachez que Guy avait tout pour réussir. Bonne famille, études respectables, son compte en banque n’était pas en souffrance, mais lui oui. Énormément. De mauvaises décisions l’ont amené là où il est aujourd’hui. Mais Guy est au bon endroit. À l’endroit où il souhaite être et nulle part ailleurs. Il côtoie des gens qu’il considère pire que lui et qu’il croit pouvoir aider quand même. Le mot « aider » prend tout son sens quand tu le fais comme Guy et que tu n’as rien toi-même.

Sa situation actuelle n’est pas un choix de vie. C’est devenu SA vie. Il fait avec. Il tente de l’améliorer, mais avec ce qu’il a et non avec ce qu’il voudrait qu’elle soit. Guy est seulement content d’en avoir une car il n’en voulait plus y a de ça quelques années à peine, mais un ami a décidé pour lui qu’il ne se l’enlèverait pas.

Je le fais déjà depuis un certain temps et le ferai encore davantage dorénavant, mais mon « X » à moi est à veille de se faire piétiner, sauter dessus et complètement écraser. Ces arguments, contrairement à moi, ont du poids.

Et si on mettait la même énergie à embellir ce qu’on a au lieu de la dépenser à désirer et envier ce qu’on n’a pas? Arrêter de se contenter des aspects négatifs en se disant qu’on y peut rien? Quelle partie de votre vie avez-vous envie d’améliorer dès maintenant? J’veux dire, tout de suite? Vous faites partie de la solution pour trouver le vôtre, votre endroit.

Loin de moi l’idée avec ces questions d’être un méga-jovialiste-ultra-positif-capitaine-de-l’équipe-des-motivateurs-optimistes (parce que quelqu’un de trop comme ça dans vie de toué jours, ça m’énerve).

Mais vous le savez, hein, que toute se peut?

L’échelle du bonheur n’a pas le même nombre de barreaux pour chacun d’entre nous. Celle de Guy ne semble en avoir qu’un, et il est heureux sur celui-là.

Merci, Guy. Merci. Tu n’as rien changé à ma vie, tu ne sais même pas que j’existe, mais maudit que tu m’as donné le goût de tout faire pour continuer de l’améliorer. Pas la changer… l’améliorer. T’sais, rendre meilleur ce que j’ai déjà?

J’m’en viens mon « X », tu vas m’avoir sur toi.

Et toi? Es-tu sur le tien?

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