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Connaître l’intersectionnalité

L’intersectionnalité est un terme utilisé quand une personne se retrouve visée par plusieurs formes de discrimination, que ce soit le genre, la race, l’orientation sexuelle, l’âge, la classe, les capacités physiques, la religion et j’en oublie sûrement.

Il est né entre autres d’une critique de la deuxième vague féministe.

Qui dit deuxième vague, dit première vague! Pour faire un survol rapide de l’histoire occidentale du féminisme, on appelle première vague l’époque des suffragettes et de leur lutte pour le droit de vote des femmes au début du siècle.

La deuxième vague s’est formée dans les années 60. Leurs causes se multiplient. En plus de la place aux femmes dans les milieux de travail (déjà soulevée pendant la première vague), on aborde la question de l’avortement, de la contraception et des violences faites aux femmes, pour ne nommer que celles-là.

Mais certaines ne se sentaient pas toujours représentées dans les discours de leurs compatriotes féministes. Certaines ont réalisé que celles qui prenaient la parole étaient bien souvent blanches et privilégiées, donc un meilleur statut social, une meilleure éducation. Certaines ont fait remarquer qu’elles subissaient parfois de la discrimination à l’intérieur même du mouvement féministe. Celles-là avaient une couleur de peau différente.

En plus d’être la cible de sexisme, elles étaient également victimes de racisme. Elles se trouvaient à l’intersection de plusieurs formes d’intolérance. Pour que leurs problèmes puissent être entendus, il fallait d’abord le nommer. Kimberlé Crenshaw a trouvé un mot : intersectionnalité.

D’autres ont réagi en disant qu’aborder la notion de diversité au sein du mouvement féministe les diviseraient, que l’important est de s’unir et d’être solidaires.

Évidemment, tout n’est pas aussi tranché. L’histoire du féminisme non plus, d’ailleurs.

J’aimerais bien terminer en vous parlant de Gabrielle Bouchard, la présidente de la Fédération des Femmes du Québec. Étant une femme trans, elle s’est fait reprocher de ne pas être en mesure de parler au nom de toutes les femmes. Elle a répondu que selon elle, il fallait aborder la lutte féministe en incluant les autres formes de discrimination.

C’est plutôt en défendant les plus vulnérables qu’on affecte positivement tous ceux qui le sont un peu moins et que tout le monde en profite. Et on s’entend que les personnes qui subissent plusieurs formes de discrimination sont clairement en position plus vulnérable. Comme les piétons sont plus vulnérables que les cyclistes qui sont plus vulnérables que les automobilistes. En prenant des mesures pour la sécurité des piétons, on améliore aussi la sécurité des piétons et des cyclistes et des automobilistes.


Crédit photo : Jack Moreh

Alors, soyons tous plus alertes aux intersections!

Je vous invite d’ailleurs à écouter le Ted Talk de Kimberlé Crenshaw sur l’intersectionnalité.

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