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Des insectes dans nos assiettes

Ça fait déjà quelques années qu’on en parle : les insectes pourraient être la solution écoresponsable pour nourrir les neuf milliards d’humains que comptera la Terre d’ici 2050. La Food and Alimentation Organisation (FAO) a publié en 2013 un rapport déclinant le potentiel nutritionnel des insectes et depuis, l’intérêt pour la consommation alimentaire de ceux-ci connaît un essor fulgurant. Les insectes sont en effet très intéressants d’un point de vue nutritionnel puisqu’ils sont riches en protéines, en Omega-3, en fibres, en calcium et en vitamines et minéraux.

La consommation d’insectes est également une solution intéressante pour la préservation de l’environnement. Alors que l’industrie de la viande cause déforestations, rareté des terres, déclin de la biodiversité ainsi que production de gaz à effet de serre, l’élevage de grillons s’avère être une source de protéines très écologique. Par leur petite taille, ils sont conséquemment moins énergivores.

L’élevage bestial est responsable de 18 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre alors que les insectes produisent quant à eux 100 fois moins de GES pour la même quantité selon la FAO. Et alors qu’un kilo de protéine de bœuf demande 2000 litres d’eau, la même quantité de grillons n’en demande qu’un litre.

Il est également intéressant de constater que 40 % d’un bétail est consommé, alors que pour un grillon, 80 % est consommé. De plus, une livre de viande de bœuf nécessite 10 kilos de nourriture, alors que pour la même quantité, les grillons auront besoin de 1,7 kilo de nourriture.

Plusieurs produits à base d’insectes sont maintenant disponibles sur le marché. L’un des plus « passe-partout » est la farine d’insectes. Elle peut très facilement remplacer la farine traditionnelle dans les recettes et apporte du goût et des protéines. Il est possible de s’en procurer sur le site web d’Uka, qui est une entreprise québécoise.

Les entreprises Tottem Nutrition et Mélio se sont lancées dans les pâtes alimentaires à base de farine d’insectes. Les deux produits principaux mis sur le marché par Tottem Nutrition sont les pâtes à 7 % d’insectes et les pâtes à 18 % d’insectes, alors que pour Mélio, ce sont des pâtes qui contiennent 25 g de protéine pour 85 g de pâtes, faits à partir de produits 100 % québécois.

Les barres protéinées en farine de grillons gagnent également en popularité. Apparemment, le goût du grillon ressemble à celui de la noisette et s’intègre donc merveilleusement dans des barres sucrées. Pour les plus courageux, des grillons entiers aromatisés (au miel et à la moutarde, au BBC et version épicée) sont aussi disponibles sur le marché.

L’entomophagie a largement prouvé ses bienfaits, autant sur notre santé que sur celle de la planète. Par contre, le plus grand obstacle de cette nouvelle industrie sera de s’intégrer dans les habitudes alimentaires nord-américaines.

Nous avons en effet tendance à associer les insectes à quelque chose de dégoûtant, de sale, de mauvais. Pourtant, tout ça n’est dû qu’à nos habitudes, aux traditions et à ce que nous avons appris. On mange couramment des insectes dans une quarantaine de pays à travers le monde, alors pourquoi pas embarquer dans la gang nous aussi?

Une comparaison peut même se faire avec le poisson cru et les fruits de mer, qui répugnaient bien des gens lors de leur arrivée ici. Pourtant, les sushis font aujourd’hui partie de la normalité alimentaire, tout comme les crevettes (qui ressemblent beaucoup à un insecte avec leurs pattes d’ailleurs). Il faut seulement tenter de s’ouvrir à l’idée afin d’accepter cette nouvelle forme de protéine prometteuse pour le futur.

Toi, serais-tu game d’intégrer les insectes à ton alimentation ?

© photo de couverture : Tottem Nutrition

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