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Je commence à être moins pauvre…

J’écrivais y’a queks temps déjà, mon coming out de pauvre ici même sur le blogue. J’y abordais entre autres le fait que j’étais pas mal endettée à cause de mes études, du coût de la vie, et tout et tout.

Pis ben là, roulement de tambours, je viens de me faire une job. Mais pu une jobine d’étudiante là, une job payante. J’ai fini ma maîtrise, trouvé de quoi en bibliothèque, commencé à temps partiel, pis chu devenue à temps moyen. Je fais assez pour être à l’aise, même si j’aurai pas fini de payer ma dette d’études avant quekchose comme 10 ans.

Je me sens devenir riche, mais c’est juste une apparence parce que je commence à peine à m’endetter. Je veux pas de char pour l’instant, ni de condo, ni de maison dans le fond d’un rang, mais ça viendra peut-être. Pour le moment, je fais juste apprécier le fait que quand je paye mon loyer, je me mets pu automatiquement en boule à terre au fond du garde-manger en pensant au coût de la vie. J’aurai bientôt enfin peut-être des assurances, ben oui mon doux seigneur, mais pour les acquérir faut travailler un minimum d’heures pis pour travailler un minimum d’heures, faut pas être une nouvelle…

N’empêche, pour le moment, après le loyer, je me promène l’esprit plus en paix dans l’épicerie. Je cherche de moins en moins les spéciaux et de plus en plus les produits bios, locaux, équitables. Je me dis que mes privilèges valent bien ça. Je cuisine plus aussi, vu que j’ai pu le cul assis devant mon ordi chaque jour comme pendant les dernières années de ma vie universitaire. J’arrive chez nous, je « pitche » mon cell sur mon lit, pis je m’occupe de rien d’autre que mes recettes dénichées dans les livres de cuisine que j’emprunte à la bibli. #livresgratuits

Je me permets aussi l’achat de quelques gadgets culinaires, genre une mandoline pis un mélangeur, pour pu passer 40 minutes à brasser d’la crème fouettée avec mon bras d’ancienne étudiante pauvre.

Je vais vraiment tomber dans l’extrême luxe quand je vais me prendre un rendez-vous chez le dentiste. Chu rendue trop vieille pour être encore sur les assurances des parents, nouvellement diplômée (parce qui a parfois des assurances intéressantes dans vos unis), pis pas assez ancienne à job pour être éligible. Je me dis que j’irai quand j’aurai vraiment plus ramassé, parce que pour le moment j’ai encore l’impression de me faire ultra crosser chaque fois que je vais me faire aspirer la p’tite bave pis promettre des dents de sagesse depuis six ans.

J’ai acheté un nouveau cell l’autre jour, ça faisait trois ans que l’écran de mon ancien était tout pété. Je vois tellement bien les images que je photographie, que j’arrête pas de me prendre pour Terry Richardson, mais sans abuser des jeunes filles bien entendu. J’me suis aussi munie de vraies bottes d’hiver, dans le genre de celles dans lesquelles t’as pas besoin de trois paires de bas de laine. Je vous dis pas ma joie en plus, quand je me suis rendu compte qu’elles étaient imperméables mes amis. Jamais eu autant de plaisir de marcher dans la gadoue de la rue Saint-Joseph.

On a pensé s’abonner à Communauto avec mon chum, pour aller se promener par-ci par-là autour de Montréal pour plus qu’une journée, sans payer des billets d’autobus ou des locations de chars beaucoup trop chers. J’étudie encore le cas. Déjà de payer presque tout à deux ça aide en titi à joindre les boutes.

J’ai eu la chance de me faire rentrer dedans par un char y’a pas longtemps, mes passes de bus étaient donc payées par la SAAQ cet hiver, mais je vois venir le jour où je devrai débourser les 83 dollars mensuels pour me déplacer aisément à Montréal, plus encore ceux où je m’achèterai peut-être un nouveau vélo avec moins de rouille pis plus de vitesses.

Je dois avoir l’air trop heureuse pour rien pour certains, vantarde pour d’autres, ça dépend pas mal de combien vous devez faire par année… En fait, je pense que je viens de rejoindre la mythique classe moyenne avec du monde en haut pis en bas. Du monde en haut qui font plus par jour que ceux en bas en un an.

Tout ce que je sais, c’est d’où j’arrive pis je me plains pas pour deux cennes. Ben trop cher, j’économise à place.

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