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Périscope : Closer, ou les paradoxes du carré amoureux

Périscope nous conviait récemment à célébrer l’ivresse des corps désireux et désirants. Closer, tout contre toi, un texte de Patrick Marber mis en scène par Marie-Josée Bastien, s’aventure dans le jeu dangereux des anatomies qui se cherchent, se manquent, s’humilient, s’extasient. Le principe de jeu étant le va-et-vient, l’acte érotique étant donc son apothéose, Closer suit la mécanique du désir et de l’amour par le biais d’un fil narratif tordu, retors et retordu, où l’adage « Fuis-moi je te suis, suis-moi je te fuis » prend des proportions aussi tragiques que risibles.

closer périscope
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Boomerang amoureux : nous suivons 4 jeunes et séduisantes personnes qui se délectent autant qu’elles s’écœurent de leurs pulsions. C’est l’amour au temps du sex-chat, l’amour fulgurant de notre contemporanéité qui révère l’instantanéité et abhorre tout ce qui dure; mais c’est aussi l’amour sans âge, l’amour de partout et de toujours, celui qui pousse à toutes les folies.

Le texte transmet avec impudeur et rugissement les paradoxes des êtres qui s’aiment et se détestent : vérités/mensonges, doutes/certitudes, déchirements/réconciliations, violences/douceurs, souffrances/plaisirs. Les consciences, lucides mais décalées et en retard, doivent composer avec les impératifs du corps et accepter dans la honte leur impuissance. Parce que tout est prétexte à la jouissance, dans Closer, et le mal, la honte et la transgression en sont les ingrédients magiques. Alors, comment être digne dans l’indignité, comment être vrai quand tout nous porte au jeu?

closer périscope
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Il faut souligner l’habile jeu des talentueux comédiens, qui nous dévoilent avec violence toute l’intensité de l’amour qui déchire nos têtes, nos ventres et nos sexes. Une pièce qu’on goûte autant par les sens (sinon davantage) que par l’intellect, qu’on a envie de voir et revoir, ou plutôt de vivre et revivre. Tangible au point que l’Expérience Vécue rejaillit en nous comme autant de question sur soi, ses propres pulsions, ses propres expériences vécues et fantasmées. Les scènes, s’apparentant souvent à celles du cinéma, s’enchaînent fluidement par l’usage judicieux d’un son-lumière-multimédia.

Une soirée presqu’aussi jouissive qu’une consultation en psychologie ou un binge-watching intense d’une télé-série qui nous colle à la peau.

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