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Deux romans à lire par grands froids d’hiver

Cet hiver, on croule sous la neige. Pas facile pour tout le monde de composer avec ce manteau blanc qui envahit notre quotidien durant de longs mois. Les amateurs de raquette, de ski et de patin seront comblés (ainsi que les fans des JO d’hiver), mais, pour les autres, c’est tout un défi de garder le moral jusqu’à l’arrivée du printemps. Il existe d’excellentes façons de garder le cap, que ce soit en cuisinant des plats réconfortants, en organisant des soirées de jeux de société ou en s’abonnant à Netflix. Une des activités TOP est, selon moi, la lecture. Tu t’installes dans ton fauteuil préféré, tu t’enroules dans ta couverture la plus douillette, tu prépares ta meilleure boisson chaude et tu sors un bouquin que tu veux lire depuis des lunes : bonheur garanti! Et si cette fois tu invitais l’hiver dans ta lecture, ça donnerait quoi? Je te propose deux œuvres dans lesquelles le froid et la neige sont au centre du récit et, crois-moi, tu ne seras pas déçu.e.

Hivernages roman québécois
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Hivernages, de Maude Deschênes-Pradet, publié aux Éditions XYZ

Dans ce court roman, la vie s’organise à la suite d’un évènement climatique bouleversant : un hiver qui ne s’est jamais terminé. Depuis de nombreuses années, l’hiver est là en permanence et chacun a du s’adapter pour survivre. Certains vivent dans une ville souterraine, Ville-Réal, d’autres se sont isolés dans des bunkers ou au fond des bois. Au fil des courts chapitres, on découvre les différents personnages et leur rapport à ce froid intense qui a décimé la majorité de la population. On pourrait penser que l’ambiance de lecture est glaciale, mais, au contraire, on s’attache aux personnages, à leurs quêtes respectives, à leurs motivations et on ressent une belle chaleur en arrivant à la fin du récit. C’est un roman à déguster lentement, comme un chocolat chaud brûlant lors d’une escapade hivernale à l’extérieur. Ma seule déception est que ce n’était pas assez long. J’aurais voulu rester plus longtemps dans cet univers où tout est au ralenti et où chaque chose se vit au rythme de la saison froide. Une lecture idéale pour prendre du recul dans notre monde dont le bouton Fast Foward est resté coincé.

Le poids de la neige roman québécois
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Le poids de la neige, de Christian Guay-Poliquin, publié aux Éditions La peuplade

Le titre le dit : la neige peut être un poids. Tout dépend de la manière dont on la perçoit. Dans ce magnifique roman (gagnant de nombreux prix), on se retrouve dans un huis clos où l’hiver ne finit plus et où l’accumulation de la neige ponctue les chapitres à coups de centimètres, puis de jours. Un jeune homme accidenté est pris en charge par un vieil homme, dans un village où il n’y a ni électricité, ni route fonctionnelle et où il ne reste qu’à attendre l’arrivée du printemps. Alors que les gens du village quittent peu à peu, la relation entre le vieil homme et le jeune, d’abord à sens unique, se développe et une complicité se tisse au fil du temps. On retourne vraiment aux bases, dans ce récit, autant par la recherche de soi que par la survie et l’attente. Encore une fois, on vit au diapason de l’hiver : tout est engourdi par le froid. L’occasion est trop belle et on est invité à poser un regard sur soi et à faire le point sur notre vie. On sent d’ailleurs que l’auteur a effectué lui-même de longues réflexions. Un livre à relire pour en extraire toutes les subtilités ; du bonbon!

L’hiver québécois peut ainsi reprendre ses lettres de noblesse. Il a une place de choix dans nos vies, ne serait-ce que pour prendre un moment pour soi et pour méditer sur notre existence ainsi que sur ce qui nous attend au bout du froid : le printemps, évidemment! Bonnes réflexions!

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