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Connais-toi toi-même (toi-même, toi avec!)

Au secondaire, c’était une des phrases qui étaient écrites sur les murs de la classe du cours de philosophie (oui, on avait une option philo à mon école, et, en plus, je l’avais choisie…). Apprendre à se connaître est, somme toute, un travail de longue haleine qu’on ne terminera probablement jamais de notre vivant, du moins pour la plupart de nous tous, pauvres mortels infidèles. Et si jamais tu as réussi à le faire, soit tu es le prochain Socrate, soit tu es pourri d’orgueil mon cochon!

On peut voir cette formule de différentes façons, à commencer par l’envoyer promener du revers de la main, convaincu que le coach de vie qui essaye de te vendre son nouveau bouquin à 39,95 $ sur le show de Rachel Ray utilise le même genre de poutine pour te convaincre de sortir ta carte de crédit à grands coups d’Allélujas. Je n’ai rien contre ce que ce genre d’ouvrages peut nous apporter, pour certains, ils peuvent même être source d’une prise de conscience positive, mais comme je crois que dans la vie, c’est l’intention qui compte, ici, l’intention n’est que de palper quelques dollars sur la souffrance humaine, et je trouve cela plutôt opportuniste. Et oui, je sais bien que l’enfer est pavé de bonnes intentions, mais bon, c’est quand même mieux que de faire passer son intérêt mercantile avant le bien-être de ceux et celles qu’on est censés vouloir aider.

Une autre façon d’assimiler cette phrase est de vouloir tout voir, tout essayer, afin de découvrir ce qui nous passionne, ce qui nous sied, what we are made of. C’est un peu mon credo, à la manière des sophistes, je crois que le savoir provient de l’apprentissage, toucher un peu à tout, que ce soit au niveau scolaire, professionnel, littéraire, musical et j’en passe. Pour reprendre une expression un peu galvaudée, vaut mieux essayer tout ce qu’il y a dans la boutique avant d’acheter, cela va te permettre de savoir ce qui te fait frissonner un peu plus que d’habitude. Et si tu frissonnes tout le temps, va t’acheter un pull, ils sont à rabais chez Simpsons-Sears (circa les années ’50!).

Cependant, il arrive un moment où on doit faire des choix concrets, car je crois que la passion pour quelque chose vient surtout avec le travail et les efforts qu’on y met. Par exemple, si tu aimes le chant et que tu aimerais poursuivre une carrière dans le même répertoire que Ginette Reno, mais que tu n’as pas son vibrato, il se peut que tu sois satisfait de tes performances vocales même si tu n’arrives pas à fracasser le verre avec un crescendo bien appliqué. Toutefois, comme tout est possible avec un peu de bonne volonté, si, à force de travail, tu réussis à égaler (ou dépasser, mais ça, c’est tout un contrat!) les prouesses de cette grande dame de la chanson, un nouveau répertoire s’ouvrira à toi et te permettra d’accéder à encore plus de belles réalisations, ce qui devrait faire en sorte d’en retirer une fierté d’autant plus grande que le travail à abattre pour y arriver était considérable.

Une fois le ou les buts atteints, le danger est de s’asseoir sur ses lauriers, de refuser ou de craindre de se renouveler. Attention, se renouveler ne veut pas nécessairement dire de tout foutre en l’air une fois rendu au fil d’arrivée. Comme je disais précédemment, si la passion et le plaisir pour une activité viennent avec son apprentissage, il est normal de vouloir ajouter plusieurs cordes à son arc, autrement elle finit par perdre de sa tension et rater sa cible plus souvent qu’autrement, mais on a souvent tendance à jeter l’arc au complet lorsque l’on croit avoir tout pompé d’une de ses cordes. Au contraire, mieux vaut continuer son évolution par l’apprentissage et se servir de ses acquis afin de sans cesse poursuivre son ascension vers la connaissance de soi.

Une de nos plus grandes qualités est notre capacité d’adaptation, alors utilise-la pour essayer tout ce qui te fait envie, même si tu ne crois pas avoir les qualifications requises. Cela n’est jamais une perte de temps puisque tu auras découvert une partie de plus de ce qui t’anime ou te plaît moins. Le plus tu en connaîtras sur toi-même, le mieux tu seras outillé pour partager et transmettre ces connaissances aux autres, ce qui est fondamental dans notre développement.

Alors, comme c’est un travail qui ne se termine jamais vraiment, et c’est tant mieux ainsi, de quoi as-tu envie, là, maintenant, demain, dans les 5 prochaines années? Essaie-le, je vais faire pareil, et on se retrouve pour en parler autour d’un café, j’ai hâte de t’entendre! Btw, du sucre brun et du lait d’amandes dans le mien, j’ai appris que j’aimais cela dernièrement!

Par Simon Guérard

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