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Être entraîneur de « pound »

Depuis le secondaire, le sport fait partie de ma vie. Jusqu’à la fin de mes études universitaires, le cheerleading était celui qui m’accompagnait et qui me définissait. Un sport d’équipe intense qui me permettait de joindre mon côté athlète à mon côté show off. Quoi demander de mieux ? Comme toute bonne chose a une fin, j’ai accroché mes pompons à la fin de mon baccalauréat et je suis partie à la recherche de quelque chose de nouveau. J’aimais tout ce que j’essayais, mais rien ne me faisait vibrer… jusqu’à ce que je découvre le pound.

Le but n’est pas de vous faire découvrir le pound, mais il est important de savoir qu’il s’agit d’un entrainement rythmé se pratiquant en groupe et dans lequel nous effectuons des chorégraphies avec des baguettes. Pendant près d’un an, j’allais au studio Rebel suivre des cours avec le sourire et je n’avais besoin d’aucune autre motivation, c’était naturel. Puis, un jour, j’ai décidé de sauter la clôture. Enseignante dans l’âme, je me suis dit que je pourrais joindre l’utile à l’agréable. Je me suis donc inscrite à la formation de POUND PRO en me disant que j’allais être payée pour m’entraîner et que j’allais pouvoir me sentir encore plus comme une rockstar  en menant le band. Je ne savais pas ce qui m’attendait!

Les premiers cours, c’était à propos de moi; j’étais inquiète, je devais apprendre toutes les chorégraphies, je ne devais pas me tromper devant mes clientes, je devais garder le sourire et surtout, je ne devais pas vomir ou perdre connaissance (mon plus gros défi à ce moment). Pourtant, petit à petit, je me sentais de plus en plus à l’aise. J’ai réalisé que j’avais ma place et j’ai compris que j’avais le droit de me tromper ou de trouver ça difficile.

Je me suis alors mise à voir mon rôle différemment; ce n’était pas pour moi que je le faisais, mais pour mes clientes. Être entraîneur, c’est motiver des gens, leur donner envie de revenir, leur donner confiance en eux, leur permettre de passer une belle journée. La relation que j’ai avec mes clientes est bilatérale : je leur donne autant d’énergie qu’elles m’en donnent! Il est fréquent qu’une cliente vienne me voir à la fin pour me remercier et qu’elle ne comprenne pas comment je fais pour avoir autant d’énergie. Ça me vient d’elles, en fait. Je suis comme une éponge quand je donne un cours. Je débute vide, puis je perçois un sourire. J’entends un cri. J’entends les 20 paires de baguettes au sol en même temps. Je sens l’intensité augmenter, l’énergie se multiplier et je gonfle, je m’imprègne de leurs sourires, de leur énergie. Je vois une cliente sauter quand je reste au sol, une autre descendre plus bas que moi en squat et je gonfle encore plus.

La sensation que j’ai à la fin d’un cours est difficile à expliquer. Physiquement, je me sens bien, puisque j’ai travaillé intensément et mon corps m’en remercie. Psychologiquement, je me sens encore mieux. Je suis dans un état second, car j’ai libéré beaucoup d’endorphines, mais j’ai aussi reçu tellement pendant une heure que je suis littéralement comblée. S’en suivent alors des discussions avec des clientes, des remerciements, des questions ou des commentaires. Chaque échange et chaque sourire vient imbiber encore plus mon éponge de bonheur, si c’est possible.

Je ne leur dis pas assez, et quand j’essaie, je me sens émotive. Ces clientes, ces femmes que je croise font partie de ma vie et sont responsables de mon bonheur. Elles sont la raison pour laquelle je me lève le dimanche matin. Elles sont celles qui rendent ce métier possible et tellement agréable. J’apprends à les connaître individuellement et j’apprécie chaque moment.

Être entraîneur, ce n’est pas être payé pour faire du sport. C’est rencontrer des gens inspirants et leur offrir quelque chose pour ensuite recevoir d’eux.

Par Laurence Goyette Grenier

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