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Tinder, ou le dating version buffet chinois

Je viens de faire une petite recherche sur l’application Tinder et son origine. Semblerait qu’au départ, ça devait s’appeler Matchbox (boîte d’allumettes), ce qui, à mon avis, aurait été pas mal. Un p’tit jeu de mots entre « feu » et « boîte à matcher du monde ». Ils ont continué leur brainstorming « on fire » et ont fini par s’entendre sur Tinder : littéralement des « matériaux secs et inflammables qui amorcent un feu rapidement » (communément appelés du p’tit bois ou des vieilles circulaires du Pharmaprix pis de la Rôtisserie fusée). En plus, ça faisait tender en même temps. Cute. Toutefois, l’histoire ne dit pas s’il s’agit de l’adjectif « tendre » dans le sens de tendresse ou de l’état d’un bon gros steak.

Sans vouloir faire un mauvais jeu de mots, on a (presque) tous flirté avec l’application. Que ce soit parce que t’es un adepte assidu su’ l’bord d’avoir ta carte de membre, que tu l’as essayé une couple de fois après une rupture amoureuse parce que tes ami.e.s t’ont challengé.e.s de t’y inscrire en fin de brosse ou parce que t’as enduré ton cousin te défiler toute sa liste de matchs durant le temps des fêtes, on sait tous de quoi il est question.

On se cachera pas qu’en 2018, Tinder est effectivement une option pour rencontrer du monde. Pis oui, y’a des gens pour qui ça marche. Mais on se cachera pas non plus pour dire que ça peut devenir une maudite belle source de fou rire quand tu feel pas pis que même les bloopers du Cœur a ses raisons n’arrivent plus à te mettre un sourire dans la face.

Ça reste que, comme dans un C.V., le but, c’est de se vendre. Y’en a qui misent sur le 100 % sincérité. Y’en a qui concoctent un savant fifty-fifty de vérité et de ce qu’ils croient être attirant, pis y’a un heureux lot de personnes qui mettent de la crème 100 %. Du gros crémage. Épais. Dans tous les sens du terme.

Petite étude non exhaustive de Tinder basée sur des cas réels, rapportés dans l’anonymat le plus complet autour d’une bouteille de vin.  

Premièrement, pourquoi y’en a qui mettent pas leur face? Tu veux rencontrer, mais tu veux pas qu’on te voit. T’sais, la roulette russe, c’est pas excitant pour tout le monde. Même chose pour toi flou, toi à contre-jour, ta face en contre-plongée (t’as peut-être les plus beaux trous de nez au monde, mais c’est pas suffisant) ou toi en trop petit, sur une de tes photos de voyage, où tu tâtes les couilles du taureau sur Wall Street. Idem pour toi avec tes 3 meilleurs amis (qu’on sait pas t’es lequel) ou toi pis ta famille à Old Orchard. Si tu veux pas qu’on te connaisse, ben c’est exactement ce qu’on va faire : on va swiper à gauche.

Le « je mets pas de texte » rentre dans la même catégorie. Peut-être que tu te dis : « Nahh… pas besoin de texte, j’ai un gros pick-up comme photo de profil. » Ben, peut-être aussi que c’est pas une si bonne idée que ça. Que tu sois en amour avec ton quatre roues, ton Ski-Doo ou « ton semi-trail/semi-route » plein de bouette, c’est parfait. Mais ici, c’est pas une ride dans le bois avec des claques de branches de sapin dans la face que tu dois promouvoir. Je dis pas qu’on aime pas ça les rides dans le bois avec des claques de branches de sapin dans la face. Non. C’est super le fun, mais écris quelque chose quand même! Même chose pour les sportifs : la photo de ton jump en snow est vraiment superbe, mais ça donne surtout envie de rencontrer ton photographe.

Pis pour ceux qui mettent du texte, épargnez-nous le « je suis allé à l’école de la vie ». C’est un « swipe to the left » direct.

Je dis pas qu’il y a de bonne ou de mauvaise façon de procéder. Tout le monde le fait un peu comme il le sent. Mais certaines choses sont… disons… moins appropriées? Toi en chest. Non. Toi en chest avec une bière. Non. Toi en chest avec une bière en train de faire du BBQ. Non plus. Y’a vraiment quelque chose, hein, entre les gars et le BBQ? Le sentiment de fierté du mâle alpha qui cuiiiiiiit d’laaaa viaaaande! By the way, nous autres aussi, on est capables. Just sayin’.

Sinon, y’a aussi le syndrome de Marie-Antoinette : la dernière photo de toi avec ton ex qui s’est fait couper la tête pour la cause. T’sais, c’est pas si compliqué que ça, de nos jours, de juste prendre une nouvelle photo.

Maintenant, parlons honnêteté. Personne ne veut d’un menteur. L’âge, c’est assez important : c’est d’ailleurs pourquoi c’est un des seuls critères qu’on a à sélectionner en s’inscrivant. Si tu écris que tu as 38 ans pis que tu ressembles à mon grand-père, c’est suspect. On part sur de mauvaises bases. Possiblement que tu te dis qu’une fois qu’on va tomber sous ton « charme incroyaaaable », il sera toujours temps d’avouer que tu avais un peu triché. Mauvaise tactique.

Pour terminer sur une belle note, voici mes mentions spéciales :

  • Érik (avec un k) en chest, avec les jeans savamment déboutonnés pour laisser deviner ses belles bobettes rouges.
  • Jean-Philippe qui se mouche dans une napkin bleue avec, au premier plan, un sac cadeau de La Reine des neiges.
  • Benjamin qui, pour tisser des liens, amorce une conversation en te disant qu’il a regardé tes photos, pis que sa cousine aussi aime les grosses boucles d’oreilles.
  • Yassin, la face collée sur un bébé, qui fait une grosse moue cochonne. Eurf.


Source

Pis on n’est même pas encore allés prendre un verre… Ouf!

P.S. Messieurs, ne vous sentez pas attaqués : je sais, de source sûre (autour d’une bouteille, encore), que ce n’est pas plus flamboyant de votre côté…!

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