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Ta vie, ton choix

C’est souvent quand on prend le temps de s’arrêter que des questions fusent dans notre tête. Quand ta vie est soudainement sur pause, t’as le silence qui se fait bruyant dans ta tête. « Qu’est-ce que je veux réellement faire de ma vie? », « Où est-ce que je souhaite vivre? », « Qui ai-je envie d’être? » … Tant de questions et pas vraiment de bonnes réponses. À bien y penser, toutes ces questions, je ne me les étais jamais réellement posées. J’avais un parcours bien linéaire qui m’attendait, sans bifurcations possibles. Du moins, c’est ce que je pensais. Je me rendais compte que depuis des années, j’avais tenu pour acquis l’avenir qui m’était proposé. Je n’avais même pas essayé de le négocier ni même pris le temps de considérer d’autres offres. Je m’étais contentée d’acheter sans vraiment avoir regardé le prix.

kayak solitude paysage
Crédit photo : Laurie Marquis

Ça s’est produit lors d’un après-midi en kayak en plein milieu du Lac Orford. La solitude se faisait apaisante, le mouvement des vagues me berçait tranquillement d’un va-et-vient rassurant. Ce fut un de ces moments qui te met les yeux dans l’eau sans trop savoir pourquoi. Un de ces moments où le temps s’arrête. Tu te mets à considérer le fait que malgré tout, tout est parfait. Tu ressens un profond sentiment d’acceptation face à ce déséquilibre. Pour la première fois de ma vie, j’ai compris finalement que j’avais le choix. Que devant moi ne se dressait pas qu’un seul chemin, mais bien une multitude de petites routes. Assise dans ce kayak, je me sentais à l’embranchement de toutes ces routes. La décision de l’itinéraire, c’était moi qui en avais le contrôle.

Bizarrement, cette solitude réanimait un brasier que j’avais trop longtemps étouffé. Tout à coup, j’avais envie d’être n’importe qui et n’importe où à la fois. J’étais prête à découvrir le monde, à me réconcilier avec la part de moi spontanée et créative. Puis, je rêvais d’être écrivaine ou bien serveuse de sourires dans un petit café. Au fond, ce que je voulais était si simple. L’immensité de toutes ces possibilités m’excitait et m’apeurait à la fois. Ne plus savoir où se dirigeait ma vie était certes insécurisant, mais tellement rassurant. J’étais rassurée de savoir que j’avais la possibilité de recommencer et de décider où je voulais me diriger. C’est donc en ramant vers la terre ferme que je me suis promis de ne plus jamais perdre de vue la chance que j’ai de choisir ma vie.

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