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Se lancer

Récemment, j’ai adopté un chat. Pour certains, ce n’est rien, mais, pour moi, qui avais toujours voulu un animal de compagnie, mais qui n’avais jamais osé, c’était une grosse décision. Ça m’a aussi permis de faire plusieurs liens avec la vie. Ne vous inquiétez pas, je m’explique.

Ça faisait longtemps que je voulais un animal de compagnie, mais comme je n’avais jamais n’en avais jamais eu auparavant, j’avais peur de ne pas savoir comment faire, de ne pas bien m’en occuper, qu’on ne s’entende pas bien… J’avais peur, point. Au-delà de la peur, j’étais encore, au fond de moi, cette enfant à laquelle on avait toujours répondu : « Non. » Ça a pris mon copain, un peu incrédule et très doux, pour me dire : «T’sais, si tu veux vraiment un chat, tu peux en adopter un.»

Je ne peux pas l’expliquer, mais c’est comme si toutes les lumières se sont allumées dans ma tête en même temps. Par rapport au chat, mais aussi quant à la façon de mener ma vie. J’ai réalisé que j’étais devenue une adulte ; que j’étais en contrôle de mes décisions ; que le plus difficile ce n’était pas vraiment de vivre avec le chat, mais bien avec la décision de l’adopter. C’était faire ce fameux premier pas. C’était arrêter de douter.

Et ça, ça va au-delà du chaton.

C’est le cas dans nos vies de tous les jours, dans nos études ou notre travail, dans nos relations humaines. On attend, on hésite… on reste dans notre zone grise, dans notre emploi qui nous rend malheureux ou dans notre relation où l’étincelle est morte, parce qu’on se dit qu’au moins on est stable. Tout ça sans réaliser que l’inaction est la raison derrière notre mal-être.

On reproche si souvent à la vie de ne pas être clémente, de ne pas offrir de coup de pouce, mais le fait est que la vie ne peut nous aider qu’une fois que nous avons décidé dans quelle direction on veut aller. Elle ne choisit pas pour nous et c’est ça qui est difficile. Mais une fois qu’on se décide, c’est fou combien les choses peuvent éclore.

Là, je vous parlais de mon chat, mais, dans la même lignée, récemment, j’ai aussi changé de projet de recherche doctoral.

C’est une décision que certains diront plus grosse que celle d’adopter un animal de compagnie, mais, au fond, j’ai réalisé que c’est du pareil au même. C’est une question de choix, une question d’écoute envers soi-même, une question, pour une fois, d’arrêter de douter. Ça faisait longtemps que je voulais ce changement, comme je sais que ça travaille tant de gens à tous les jours : quitter un emploi, retourner à l’école, arrêter l’école, dire à quelqu’un qu’on l’aime, laisser son copain… Comme moi, devant la cage du chat que je voulais, mais dont j’avais oublié que j’avais la liberté de l’adopter, on se laisse influencer. Parfois, ce sont des parents qui n’ont pas voulu d’animaux de compagnie, parfois c’est la société : ça aura l’air de quoi de changer de programme rendu si loin? Ça aura l’air de quoi de lâcher son travail, de se réorienter? Des fois, c’est simplement la petite voix dans notre tête qui se bat contre nous, qui nous dit que dans notre stabilité, sans être nécessairement heureux, on a au moins la sécurité.

Seulement, parfois, il faut faire taire cette voix : si on se mettait à écouter toutes les voix dans nos têtes, on ne s’en sortirait jamais.

Aujourd’hui, j’ai un chat et un nouvel objectif de vie qui changera peut-être. J’ai surtout réalisé la plus importante des leçons : la vie, c’est un peu comme faire un saut en parachute. Ça peut être magnifique et les courants nous aideront, mais, en premier lieu, il n’y a que sur soi qu’on peut compter pour se lancer hors de l’avion.

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Crédit : Marie-Christine Chartier

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