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Dossier sexu : le sexe comme choix de carrière

Bon. On le savait, mais maintenant elle le sait aussi, Fanny n’ira pas à Miami. Les créateurs de la télésérie Fugueuse décrivent un processus de recrutement et d’entraînement réaliste. Ils ont eu le courage de parler de traite des mineures au Québec (Montréal a été identifiée comme une plaque tournante mondiale de la traite humaine)1. Comme intervenante travaillant avec des travailleuses du sexe (TDS), je suis contente que monsieur et madame Tout-le-monde puissent ouvrir une réflexion sur certaines réalités des TDS.

Avant d’aller plus loin, précisons que, d’un point de vue légal, la prostitution juvénile est TOUJOURS de l’exploitation sexuelle. Toujours. Mais pour les adultes?

D’abord, une travailleuse du sexe, c’est quoi? Ça inclut les TDS de rue (autonomes ou pas), les escortes, les masseuses, les danseuses érotiques, les téléphonistes érotiques, webcam girls, sugar babieset autres. À Québec, l’organisme Projet L.U.N.E., qui leur vient en aide, a hébergé plus de 70 femmes au cours de l’année 2017. Je précise parce que j’entends fréquemment qu’il n’y a pas vraiment de Travail du sexe à Québec.

Ce n’est pas forcément le discours le plus populaire3 et il peut surprendre, mais il y a des femmes qui sont satisfaites de leur statut de TDS. Sans nier que plusieurs femmes vivent de l’exploitation sexuelle au Québec, elles pensent qu’elles sont assez grandes pour savoir quand elles font leur travail par choix4 même si ce n’est pas toujours leur plan de carrière à long terme5. Après tout, chacun fait ce qu’il veut avec son corps et sa sexualité. « Mon corps, c’est mon corps, ce n’est pas le tien… »

Au Canada, la loi C-36 ne criminalise pas le travail du sexe. Ça peut avoir l’air d’une avancée, les femmes (les hommes aussi, remarque) qui font du TDS ne peuvent pas être arrêtées juste pour avoir fait ou tenté de faire leur travail. Le problème, c’est que toutes les personnes qui les entourent peuvent être criminalisées : le client, la réceptionniste du salon de massage, le chauffeur qui les emmène d’un point à l’autre, le propriétaire d’un hôtel, d’un immeuble à logement et même un adulte qui vivrait à leur charge (enfant, conjoint, parent). Ça, c’est plus tannant, parce que ça limite le nombre de personnes qui peuvent veiller à leur sécurité6. Ça fait aussi que les clients qui ont peur d’être arrêtés laissent moins de temps au TDS pour discuter, vérifier si elles se sentent en sécurité, pour négocier les prix et les services qu’elles offrent ou pas (pratiquer le TDS ne veut pas dire qu’on consent à tout).  Une volée, ça peut venir plus rapidement à ce moment-là.

Qu’est-ce qu’on pourrait bien faire, alors, pour protéger ces femmes-là? Déjà, au lieu de porter des jugements de valeur de l’extérieur, il faudrait leur demander. D’après des organismes de défense de droit des TDS, comme Stella à Montréal7, une des solutions est d’arrêter les gens pour les bonnes raisons  : un client violent pour voies de fait, un proxénète voleur pour vol ou extorsion, un salon de massage qui garde des filles de force pour séquestration, une personne qui envoie des femmes sans leur consentement dans d’autres provinces ou pays pour traite humaine et un client qui engage des mineurs pour des services sexuels pour pédophilie. Ça vaut la peine d’y réfléchir un peu.

Source

Pour faire un peu plus : Plusieurs TDS vivant sous le seuil de la pauvreté, les dons de vêtement, de produits d’hygiène et de nourriture sont toujours les bienvenus dans les organismes comme le P.I.P.Q (projet intervention prostitution Québec) http://www.pipq.org/ au 535 Av des Oblats, Québec, QC G1N 1V5

Et le Projet L.U.N.E. (un organisme par et pour les travailleuses du sexe) http://www.projet-lune.org/ au 79, S1, boulevard Charest Est
Québec (Québec) G1K 3G4.

Source :

1 http://www.lapresse.ca/actualites/201610/15/01-5030895-traite-de-personnes-montreal-est-une-plaque-tournante.php

https://globalnews.ca/news/1794006/mcgill-university-ranks-2-on-list-of-fastest-growing-sugar-baby-schools/

http://quebec.huffingtonpost.ca/neda-topaloski/montreal-capitale-de-la-traite-de-femmes_b_9814962.html

4 http://www.projet-lune.org/ (bas de page)

5http://www.journaldemontreal.com/2015/01/12/les-travailleuses-du-sexe-veulent-sen-sortir

http://plus.lapresse.ca/screens/50ef3632-5659-41a9-a731-643190406e47__7C___0.html

7 http://chezstella.org/

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