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Mon syndrome prémenstruel est entré chez moi sans avertir

À peine ai-je le temps d’entrevoir le jour à travers les lattes de mon store horizontal, que d’innombrables émotions m’envahissent. Je m’interroge donc sur la finale de ma soirée précédant mon sommeil, en me demandant si un fâcheux événement aurait pu prolonger jusqu’au petit matin l’amertume de la veille.

Il n’en est rien. J’étais avec des amis, et tout allait bien. Pourtant, j’éprouve le besoin criant d’écrire à mes proches à travers le petit écran de mon cellulaire, et de les prendre individuellement dans une conversation de messagerie texte en leur disant ce que je ressens. Soudainement, je me sens comme une fragile et délicate boule d’émotions qui veut à tout prix tenter de s’exprimer trop maladroitement.

C’est à ce moment précis que je commence à me faire une idée de ce qui se passe, et où je me visualise en train de saisir mon cellulaire dormant sur ma table de chevet pour le déposer dans mon verre d’eau. Mon cellulaire n’étant point résistant aux liquides, il outrepasserait en quelques secondes. Toutefois, par souci de mon empreinte écologique, et mon budget ne me permettant pas de m’offrir un nouveau cellulaire à chaque impulsion de ce genre, cette idée ne surpasse pas le stade embryonnaire et continue de flotter dans mes pensées.

Le choix intelligent serait alors de fermer mon cellulaire pour la journée, et de le déposer dans le coin le plus sombre de mon appartement. Là où je n’ose trop m’aventurer. Là où je serais certaine d’éviter de cracher ma charge émotive par les mots, à des gens qui ne seraient pas nécessairement prêts à la recevoir.

Je m’imagine alors ce que serait la vie si une montre reliée à mon cellulaire, capable de lire mon horloge interne, m’empêchait d’interagir par messagerie texte, lorsque je ne me sens pas tout à fait apte à le faire, lorsque j’ai une grande charge émotive.

Cette montre ne m’empêcherait pas d’écrire, mais elle activerait une application dans mon cellulaire qui transformerait le bouton « envoyer » en détonateur. Lorsque j’appuierais dessus, mon message disparaîtrait en fumée, et le destinataire n’en percevrait l’ombre d’une lettre. Ce même message serait cependant sauvegardé dans une application sous verrou, qui ne m’octroierait l’accès que lorsque mon côté rationnel serait plus présent. Je pourrais donc y mettre de l’ordre et voir s’il est toujours pertinent d’envoyer ces messages aux destinataires concernés.

Toutefois, les récents épisodes de Black Mirror parus sur Netflix m’arrachent l’envie de perpétuer cette fantaisie dans mon esprit. Bien que fictifs, j’ai bien vu le lot de désastres que la technologie peut créer lorsqu’elle devient trop envahissante dans la vie des humains. Je ne voudrais donc pas me laisser contrôler par une montre et ses applications. Bon. Une autre idée qui ne mérite pas de surpasser le stade d’embryon.

Comme mon imagination, pourtant débordante, ne m’amène à rien de bon, il est grand temps de me tourner vers la réalité. Je m’extirpe donc de mon lit, les yeux brumeux, le cœur alourdi. Je me prépare du café, et j’erre dans mon appartement, pour finalement m’appuyer contre mon réfrigérateur. Ce geste m’attriste, puisque je me rends compte que c’est tout ce qu’il y a chez moi de suffisamment grand et costaud pour accueillir mon être frêle rempli d’intempéries. Puis, en trouvant un peu absurde de chercher du réconfort auprès d’un électroménager, je me ressaisis suffisamment pour entamer quelque chose d’un peu plus constructif : passer à travers toutes ces émotions, autant positives que négatives, et en faire ressortir le bon.

D’abord, je me verse un peu de café. Puis, je saisis un cahier et mon presque archaïque crayon. L’un des derniers de sa génération. Vraiment, puisque qu’ils se font plutôt rares dans mon appartement. J’ai donc à la main quelque chose de tangible, qui m’aide à me centrer et à évacuer sainement mes tourments. Ces écrits sont précieux, puisque même si mes émotions semblent amplifiées, elles sont tout de même vraies, et je dois les écouter.

Le but de cet exercice est de me dépêtrer de ce poids sur mes épaules, dans un premier temps. Et de pouvoir me relire, quelques jours plus tard, pour remettre de l’ordre dans ces émotions, en réviser l’ampleur, et tenter de trouver des solutions, s’il y a lieu. Nul besoin, donc, de cette douteuse montre citée précédemment, ni de ses applications. D’ailleurs, ce n’est pas aujourd’hui que je vais me relire, ou même prendre des décisions. Non. Je me sens déjà beaucoup trop lourde, j’ai besoin de légèreté. Heureusement, aujourd’hui, j’ai congé.

Je délaisse donc mes écrits pour vaquer à des activités apaisantes. Lire. Dessiner. Marcher. Méditer. Pleurer jusqu’à en être soulagée. De plus, je n’hésite pas une seconde à me recoucher, si l’envie y est. Le sommeil, spécialement aujourd’hui, est très important, puisqu’il influe sur l’humeur. Je tente donc du mieux que je peux d’alléger ce lourd décompte entamé depuis le réveil. Celui qui s’est activé dès que j’ai compris ce qui se produisait à travers mon corps, à travers mon esprit. Celui qui ne dure jamais bien longtemps, mais qui revient mensuellement…

Bref, ce matin, mon  syndrome prémenstruel est entré chez moi sans avertir. Sans même cogner à la porte, comme un impoli. Il m’en fait bien vivre des émotions, mais selon moi, y’a rien de mieux que de l’apprivoiser et de savoir en tirer profit. D’être reconnaissante lorsqu’il se présente une journée où l’on a peu d’obligations. Sinon, il est impératif d’intégrer des activités relaxantes à sa journée. D’être indulgente avec soi-même. De trouver le beau dans cette boule d’émotions qui nous traverse, de tenter de la vivre, plutôt que de la réprimer. De profiter de ce moment qui nous force à l’introspection.

Finalement, pour bien apprivoiser le syndrome prémenstruel, il faut également évaluer à quel point ce dernier nous affecte, et voir ce que l’on peut mettre en place pour tout de même en atténuer les effets indésirables. D’ailleurs, voici un lien qui, je l’espère, saura vous guider.

 

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