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Parle-moi d’intersectionnalité

Le féminisme semble être sur toutes les lèvres les derniers temps, et avec raison. Cependant, à travers les différents mouvements qui surgissent et qui prennent racine dans le féminisme, il est facile de s’y perdre et de confondre les types de féminisme entre eux. Je vais donc tenter de démystifier deux grandes branches du féminisme, soit le féminisme blanc, communément appelé white feminism en anglais, et le féminisme intersectionnel, ou intersectional feminism.

Le féminisme blanc ne fait pas référence à la couleur de la peau, mais plutôt à tout le privilège entourant la « norme », le mainstream. Le féminisme blanc soutient donc la cause des femmes « par défaut », soit les femmes blanches, hétérosexuelles, non handicapées et possédant d’autres caractéristiques de la « femme typique ». Ce type de féminisme consiste à prendre la défense des femmes en les mettant toutes dans le même panier, sans relever les nuances et les difficultés différentes qu’elles peuvent vivre, dépendamment de leur privilège(s) ou plutôt de l’absence de ceux-ci. Être privilégié(e) ne diminue en rien les efforts d’une personne, ça signifie simplement que cette personne commence la course avec une longueur d’avance. À l’opposé, le féminisme intersectionnel inclut dans la conversation les femmes de couleur, les femmes appartenant à la communauté LGBTQ2IA+, les femmes handicapées, les femmes démunies, les femmes pratiquant diverses religions et bien d’autres, en incluant des combinaisons de celles-ci.

Pour pratiquer un féminisme intersectionnel, il faut s’informer sur les différentes réalités des femmes de la société. Par exemple, lire des livres sur le féminisme intersectionnel des livres qui sont écrits par des femmes qui ne nous ressemblent pas afin d’entrevoir une nouvelle perspective est un bon début. Suivre des pages sur Facebook (ICI) ou Instagram (ICI) qui aident à briser les barrières de l’ignorance et partager ces pages avec des ami(e)s est un autre bon pas dans cette direction. Suivre des célébrité(e)s et des militant(e)s, comme Laverne Cox, Emma Watson, Tracee Ellis Ross, Malala Yousafzai ou Chimamanda Ngozi Adichie sur les réseaux sociaux aidera aussi à s’informer davantage. Écouter des séries télé, comme Dear White People ou Black-ish est une façon de réunir plaisir et information. Soutenir des organisations, lorsque l’on peut, comme le Malala Fund, est une bonne façon de faire. S’impliquer dans des causes inclusives est aussi l’une des meilleures choses à faire : réclamer des rampes d’accès pour les personnes à mobilité réduite, réclamer des interprètes de la LSQ (Langage des Signes du Québec) et s’assurer que les discussions et les propos soient inclusifs de tous.


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Toutefois, à mon avis, la chose la plus importante à faire lorsque nous sommes en position de privilège(s) est de se taire et d’écouter les femmes autour de nous : écouter d’où elles viennent, leurs perspectives, leurs frustrations, leurs espoirs et les aider à élever leurs voix. S’interroger et se demander quels sont les privilèges dont on a bénéficié au cours de sa vie et comment on peut s’en servir pour aider d’autres femmes est d’autant plus important.

Si ton féminisme n’inclut pas toutes les femmes – n’est pas intersectionnel – peux-tu vraiment appeler ça du féminisme?

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