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T’oublier comme dans les films

Je croyais que ça allait être comme dans les films, que j’allais être forte et indépendante. Que la dernière image que t’allais avoir de moi serait celle d’une fille fière, belle. Mais j’ai plus été la fille qui t’as harcelée pendant 362 appels et 126 messages avec ma voix qui pleure. Sans compter les messages textes.

Je croyais que ça allait être comme dans un film, que je sortirais dans un bar avec mes amies qui veulent me saouler pour me changer les idées pis que j’allais frencher le plus bel inconnu de la place. Mais je vais être ben honnête, ça en prendrait en tabarouette des frenchs avec des beaux gars pour que je puisse passer à autre chose de même.

Je croyais que ça allait être comme dans les films, que tu serais le gars indépendant un peu player qui s’attache à moi pis qui veut finalement de quoi de sérieux. Mais t’étais rien. On était rien. Genre un semi-semblant-de-chum. Des gens qui ont des sentiments refoulés ben ben loin pis qui sont ben trop orgueilleux pour les laisser remonter à la surface. Un barman qui fait semblant d’être fidèle.

Je croyais que ça allait être comme dans les films, que je mangerais de la crème glacée direct dans le pot avec une cuillère trop grosse pour ma bouche en pyjama one-piece. Mais j’ai pas faim. Pis pas l’énergie de sortir de chez nous pour aller en acheter.

Je croyais que ça allait être comme dans les films, que je me prendrais en main pis que je deviendrais une fitness girl qui va faire du yoga le matin en buvant un smoothie pour te montrer tout ce que t’avais perdu. Mais je me laisse périr. Pis même si t’avais vu, t’as déjà trouvé mieux.

Mais dans le fond, j’ai juste trop écouté Sex and the city. C’est pas comme dans les films. Pis j’ai mal. Je suis en peine d’amour de toi. Pis tu savais même pas que je t’aimais. En fait, sûrement que oui, mais tu t’en foutais.

Pis dans les films, ils se recroisent plus tard. Dans la rue avec leurs sac d’épicerie à la main. Pis ils sourient et se disent comment ils sont heureux. Mais nous, on s’est pas recroisé. Une chance, parce que ça aussi ça aurait pas été comme dans les films.

Par Sarah Prud’homme

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