Menu

Extras et ordinaires : une pièce qui inspire au bonheur

1 000 025 — Le couscous marocain
1 000 026 — Reconnaître les arbres selon leurs feuilles
1 000 027 — Prendre un bain avec des montagnes excessives de mousse
1 000 028 — Faire un casse-tête le dimanche
1 000 029 — Des chatouilles dans le dos
1 000 030 — Avoir connu tous ses arrière-grands-parents
1 000 031 — Trouver un billet de 20 $ oublié dans la poche d’un manteau de printemps
1 000 032 — Du fromage skouik skouik

Là, c’est nous qui nous prêtons au jeu de compléter la liste commencée par le protagoniste à l’âge de sept ans alors que sa mère avait tenté de mettre fin à ses jours. Il identifiait le moindre objet de la maison d’un post-it ou autre support papier sur lequel se trouvait écrite une chose « extra-ordinaire » de la vie.

Pour le premier one-man show de Jonathan Gagnon, on peut vous assurer que c’est plus que réussi. L’exercice sera à reconduire! Vraiment! Toute l’équipe derrière Extras et ordinaires a su questionner avec beaucoup de tact et de sensibilité un thème existentiel des plus délicats : le bonheur et ce qui nous y lie. L’humour et le bris total du quatrième mur n’étaient en rien des entraves à l’intention première du texte, bien au contraire. Un prétexte pour parler des « vraies affaires » en nous mobilisant tous pour poursuivre la liste ou en tout cas en scander des bribes une personne à la fois. Pour mieux briser le silence et les tabous concernant l’état dépressif et les idées suicidaires, le décor nous permet de tout voir et donc de tout ressentir.

Un spectacle qui ne sera jamais le même d’un soir à l’autre. Complètement par hasard Jonathan a eu entre les mains deux livres tirés du public : L’art d’aimer et La femme de Berlin. Des personnes du public ont été sollicitées pour jouer différents rôles : vétérinaire, psychologue, père, amoureuse, etc. Parfois elles se sont fait souffler des répliques à l’oreille, mais plus souvent qu’autre chose elles ont dû improviser, guidées par Gagnon. Rien d’arrangé avec le gars des vues. Un comédien all-in avec un grand talent d’improvisation, ça ne pouvait pas faire autrement! Bravo ! Et la musique sur disques vinyles, on aime.


Source


Source

Le Théâtre de Passage a été fondé par les comédiens Jonathan Gagnon et Maryse Lapierre, issus de la promotion 2003 du Conservatoire d’art dramatique de Québec. La compagnie met de l’avant un théâtre actuel où la rencontre est au premier plan. Elle remet en question les codes théâtraux préétablis et la distance qui sépare habituellement le public des spectateurs. Elle cherche à présenter des pièces accessibles qui questionnent sans détour des sujets existentiels.


Abondant dans le même sens, nous listons ici trois des raisons que mentionne Premier Acte pour signifier qu’il faut [vraiment] venir voir Extras et ordinaires :

  1. Parce qu’on a coupé le 4e mur de notre budget pour faire place aux spectateurs.
  2. Parce que vous pouvez venir quinze fois sans jamais voir le même spectacle.
  3. Parce que l’auteur Duncan Macmillan (Les arbres) est un auteur incroyablement talentueux, reconnu mondialement, très peu joué au Québec et qu’il sera traduit par la fabuleuse Joëlle Bond.

Dans mes notes prises sur place, j’ai relu « 1003 j’ai pleuré ». J’ai oublié ce qu’était la chose extraordinaire portant ce numéro qui m’a fait pleurer, mais en tout cas cette pièce m’a sincèrement secouée. Son texte surtout (en l’occurrence traduit dans une belle authenticité), puis l’interprétation impeccable et toute en contrôle — parfois dans l’improvisation selon les circonstances — de Jonathan Gagnon et la mise en scène harmonieuse de Maryse Lapierre. Tout était parfaitement équilibré, oui, n’allant ni trop vers le côté « expérimental » et ludique de ce genre de théâtre participatif ni trop vers le pathos du sujet. Je suis passée par toute la gamme d’émotions : autant le rire était de la partie, mais aussi un peu de chagrin. Le passage au sujet du livre de Goethe Les souffrances du jeune Werther m’a vaguement fait penser à certains extraits de Matricide de Katherine Raymond (Éditeur XYZ, 2017). Autrement, je pense aussi à ce moment où une personne du public lance quelque chose sur les « crêpes », puis que Jonathan enchaîne sur un bref laïus au sujet du sentiment de culpabilité qu’on éprouve dans une situation comme la sienne, après une autre dame dans la salle mentionne le « canard laqué », et Jonathan termine son intervention coup de poing. Bang. J’avoue néanmoins que mon regard était peut-être biaisé, disons-le comme ça. Je me suis présentée sans même avoir vérifié de qui était la pièce, mais encore plus parce que j’ai été récemment confrontée dans mon cercle proche au suicide. C’est sûr que ça rentre dedans un show pareil. Et personne n’est vraiment « ordinaire », n’est-ce pas! Véritable ode à la vie, c’est à voir absolument! ~ Ariane

Ce que j’aime du théâtre c’est littéralement de vivre une expérience et de me sentir captée par la pièce au point où j’oublie la réalité. La pièce Extras et ordinaires a accompli cela aisément à mon sens. Le rythme était réfléchi tout en laissant beaucoup de place à l’émotivité. La participation du public aurait pu créer du malaise ou de la gêne mais, au contraire, j’ai trouvé que cela nous amenait à accepter l’inconfortable et le tolérer. Même chose que pour les sujets plus tabous comme les problèmes de santé mentale. J’ai adoré être surprise de vivre autant d’émotions en un court laps de temps tout en leur donnant du sens. L’utilisation de l’espace est on-point et les accessoires sont utilisés à bon escient. C’est définitivement un must de la scène en ce printemps 2018 ! ~ Sarah


Source

— Joindre le Centre de prévention du suicide de Québec : 1-866-APPELLE (1-866-277-3553)

Source photo de couverture

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

© La Fabrique Crépue. 2018. Tous droits réservés
Une réalisation de