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Inébranlable

Y’a pas si longtemps, je vivais dans une boule en glace.

Celle avec le petit village parfait, mais qui reste à la même place. Figé.

Ma glace a éclaté. Méchant dégât. 

À l’époque où tout s’est passé, une collègue crépue m’a dit : « Tu vas voir, y’a rien de mieux que de renaître de ses cendres. »

Sur le coup, je me suis questionnée. Des cendres, ça veut dire qu’il y a un feu et je me disais que j’aurais sans aucun doute préféré que rien ne brûle.

Avec du recul, je comprends ce qu’elle a voulu dire.

Dans les dernières années, j’ai donné ma main. J’ai donné ma main à tout l’monde, je l’ai donnée peu importe celle qui la tenait, peu importe si on la tirait, peu importe si on la serrait trop fort.

Je l’ai donnée à tout le monde, sauf à moi.  

J’ai accepté de m’accrocher aux doigts, aux poignets, aux bras, toujours en espérant agripper une main assez forte sans jamais m’apercevoir qu’elle était toujours là à attendre.

Je me suis rappelé les nombreuses fois où on m’a dit que je semblais fragile, vulnérable à la cassure. Pour être honnête, je me suis cassée, souvent. Cependant, vous seriez étonnés de la force de mon marteau pis de mon tournevis qui font en sorte que mes morceaux, je les recolle assez bien et vite.  

Ce que ces paroles m’ont appris, c’est qu’on devrait jamais sous-estimer la force de quelqu’un. On devrait jamais penser que quelqu’un est plus fragile que d’autres. Ça peut mener à un gros danger : celui d’y croire. Ce danger-là devrait seulement être utilisé dans la situation contraire : croire qu’on est assez forts, inébranlables.

Parce que guess what, on l’est.

Pis personne pourra jamais nous l’enlever.

J’ai cru que j’étais fragile, j’ai cru que j’étais faible, que j’étais vulnérable. Puis, dans un moment où j’allais confirmer cette fragilité-là, revirement de situation.  

Il n’aura fallu que d’une première date avec la faiblesse pour me pogner son frère, la force. Si tu aimes deux personnes, choisis la deuxième, comme on dit.  

Jouer à la martyre? Ce n’est plus mes souliers. Je les ai switchés pour ceux de hiking. Imperméables, confortables, solides et prêts à gravir toutes les montagnes à leur disposition.

Au final, ces différentes épreuves m’ont fait perdre beaucoup. Elles m’ont fait perdre des gens, de la confiance, des opportunités, des rêves et surtout du temps. Mais j’aime croire que tout s’équilibre dans la vie. Et cette fois-ci, c’est un peu ce qui est arrivé.

Parce que même si j’ai eu l’impression d’avoir tout perdu par bouts, au final, j’ai trouvé quelque chose pesant beaucoup plus que ces futilités. Dans un recoin de moi-même, recroquevillée, fatiguée, oubliée… je me suis trouvée. 

Pis j’me suis repris la main et j’ai pus envie vraiment de la relâcher. On dit souvent que l’amour nous saute dans la face quand on s’y attend pas, ben nous voilà. Ensemble, main dans la main, vers un bel avenir teinté de pastel pis de paix.

Renaître de ses cendres? J’en ai éclos. Qu’on me baptise aux défis.

Photo de couverture : Source

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