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J’étais une « Gère-Mène »

Qu’est-ce qu’une Germaine?

Au Québec, l’expression «Être Germaine» est souvent employée de façon péjorative de la façon suivante : « Dans un couple, c’est elle qui gère et celle qui mène.»

Les gens l’utilisent également dans différentes situations dès qu’une femme a un fort caractère et une grande habileté à prendre des décisions.

D’une manière plus positive, ma vision d’une « Germaine » c’est une forte femme, qui aime prendre des initiatives, être aux commandes, conduire plutôt que suivre.  Son efficacité est hors pair, personne n’en doute. Elle n’a pas froid aux yeux, elle fonce malgré les obstacles pour atteindre ses objectifs.

Pour une femme forte qui aime prendre des initiatives, ça peut être difficile de faire confiance aux autres lorsqu’il est question d’organisation.  J’étais une Germaine parfaite pour l’organisation d’activités, d’évènements ou tout simplement la gestion d’une semaine normale.  J’avais un grand plaisir à tout organiser, c’est même devenu une habitude même un peu intense. Par exemple, dans ma gang d’amies, j’étais l’organisatrice en chef et je le prenais un peu mal lorsqu’une autre personne proposait une activité avant moi. Ces sentiments négatifs qui m’envahissaient étaient seulement de l’inquiétude et de la peur. J’avais peur de l’inconnu, car je n’avais pas le contrôle sur la situation. Rares étaient les moments où je n’étais pas la chef, la leader. C’était très déstabilisant.

Jusqu’à ce que quelqu’un de mon entourage me fasse vivre la définition de l’enfer pour une Germaine : prendre le contrôle pendant 10 jours. Je n’avais aucun pouvoir décisionnel. Pendant ces 10 jours, je suis partie en voyage avec cette personne. Celle-ci a tout organisé et me donnait seulement un bref résumé de notre journée. Par exemple, à notre réveil, la personne me disait d’apporter ceci et cela, car on allait visiter 4 endroits différents aujourd’hui. C’était les seules informations que j’obtenais, malgré mes millions de questions. Les premiers jours, j’étais anxieuse, car j’avais peur que la personne oublie des choses importantes et que je manque des musts. Sauf qu’à chaque fois qu’on arrivait à une activité ou à un lieu, j’étais émerveillée, car c’était continuellement une surprise. Étonnamment, j’ai pris goût de me laisser surprendre et de moins contrôler chaque petite minute de la journée.

Évidemment, au début, l’idée de ne rien décider était loin de me plaire, mais après ces 10 jours, je me suis rendue compte que j’avais davantage de bénéfices en laissant les autres organiser des activités ou laisser la vie me faire des petites surprises.  En contrôlant moins, on apprécie beaucoup plus le moment présent, on prend le temps. Ce temps que je ne prenais pas avant, puisque j’étais toujours dans l’urgence ou la gestion de ci ou de ça.
J’aime toujours organiser des activités, mais j’apprécie encore plus lorsque  je laisse les autres me surprendre avec leurs idées. Je peux profiter du moment avec mes amis et l’activité en tant que telle.

Prendre le temps de vivre le moment présent est ma nouvelle philosophie – je laisse un peu de côté la Germaine en moi!

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