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Je ne suis pas prête à être une adulte

J’ai l’impression d’avoir un pied dans la bonne direction et l’autre qui ne sait pas trop s’il veut suivre. Je suis en perpétuelle recherche de ce que je suis ou de ce que je veux être. Pourtant, je ne suis plus une adolescente de 16 ans qui a le droit d’être les deux pieds dans le flou. Je leur jalouse l’innocence et les actions sans trop de conséquences.

Je suis dans un entre-deux perpétuel : une envie d’avoir de vraies responsabilités d’adulte mélangée à celle de me réfugier dans le sous-sol de mes parents. Je suis à l’âge où mes amies parlent de maison, d’économie et de RÉER, des conversations desquelles je reste à l’écart, parce que je n’y comprends rien. J’ai de la misère à ne pas piger dans mon compte épargne pour acheter des niaiseries.

Je vais dans des 5 à 7 où la moitié de la table doit rentrer tôt, parce qu’ils sont des adultes accomplis, et l’autre étire la soirée jusqu’à trois heures du matin en s’enfilant des shooters.

J’ai encore un emploi d’étudiante, un salaire qui vient avec et l’impression que j’ai encore le luxe de choisir ce que je veux réellement faire dans la vie. Je m’imagine encore être à l’âge où les gens te demandent : « Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? »

Je rêve de pouvoir me refaire cent fois avant de choisir la version de moi-même que je préfère. Je veux du temps à l’infini. Pour savourer chaque cours universitaire à leur juste valeur. Pour suivre des cours de cuisine, de peinture ou d’italien. Pour voir les gens que je n’ai jamais le temps de voir.

Je suis dans un entre-deux stressant : un début de vie qu’on ne revivra jamais. J’aimerais pouvoir faire stop, refaire huit fois mes dix-neuf ans et, quand je serais prête, vieillir un peu. J’ai toujours eu une confiance aveugle envers la vie, comme si mes actions prenaient un tournant d’elles-mêmes ; comme si je n’avais qu’à exister et le reste se faisait tout seul. Clairement, les emplois ne tombent pas du ciel, les maisons non plus, les bébés encore moins.

Je m’imaginais une vingtaine dans un loft en plein cœur d’une ville avec un lit pour deux que je remplirais judicieusement. Je me voyais prendre des bains avec du vin et une cigarette, un mardi soir, parce que j’avais eu une grosse journée. Je pensais devenir une fille indépendante comme celles des séries télé qui envoient chier les hommes et qui mangent des pizzas dans leur lit.

Je m’imaginais avoir 30 ans, être sexy et épanouie, comme le dit le film.

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