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La nostalgie du temps qui passe

Pour te montrer que je ne suis pas si vieille que ça, je vais te dévoiler tout de suite que j’ai vu le jour en 1989, quelque part entre la sortie de Retour vers le futur II et la chanson Hélène de Rock Voisine. J’ai moins de 30 ans. Et pourtant…

Dans mon « jeune temps », on prenait notre vélo pour faire le tour du voisinage afin de trouver où nos amis avaient posé les leurs. On se faisait des cabanes cachées dans les arbres l’été et des châteaux forts l’hiver. On se plantait tellement souvent que les producteurs de Mercurochromes n’ont jamais été aussi riches qu’avant les années 2000.

On bronzait tout croche. On était habillé avec le vieux linge de nos cousines. On commençait à avoir du poil sur les jambes et ailleurs pis on s’en foutait tellement. La seule chose à laquelle on aspirait quand on se mettait propre, c’était de participer à la parade de mode organisée par la madame du catalogue Sears de notre village.

On mangeait des hamburgers, des hot dogs, de la pizza. Bref, n’importe quoi qui s’accompagne de frites ou de Ketchup. L’intolérance au gluten ou les aliments non-bios et les coachs de vie, ça ne préoccupait pas grand monde à l’époque. D’ailleurs, je ne sais pas si c’est le fait que personne n’en parlait ou le fait qu’on la dépensait, notre énergie, qui a fait qu’on ne nous a jamais dit qu’on était gros.

On passait la plupart des jours de pluies à démêler des VHS pis à prier pour que le ruban ne se casse pas. Sinon, on se promenait avec notre radio sur le bras et la main sur le bouton REC pour avoir la chance de capturer notre chanson préférée au moment où elle allait tourner à la radio.

Quand il fallait s’aventurer loin de la maison, on allait s’acheter une carte routière. Pour savoir si tout allait bien chez soi, il fallait trouver un bon vieux téléphone public et y insérer 25 cents. On connaissait les numéros de téléphones par cœur, mais, si on était mal pris, on pouvait utiliser l’annuaire téléphonique. La géolocalisation et Internet dans les poches, avant les années 2000, il y avait juste le FBI qui pouvait faire ça… pis encore.

Comme le lecteur qui pouvait lire les VHS et les DVD en même temps, le temps a passé, les choses ont changés et les technologies ont évolués, l’une remplaçant l’autre :  les Tamagotchi, MSN, Napster, Canal famille, Doyoulookgood, AppleTV, Limeware, Netflix, Spotify, Copernic, Google, MIRC, Music, Youtube, Caramail, Facebook, la TV cathodique, le Pokédex, Tinder, Nintendo,Twitter, Instagram, Happen, Quatre saison, Linked, Xbox, Skyrock, MySpace, la couleur, le noir et blanc…

Avec le temps c’est devenu de plus en plus facile de parler avec tout le monde sans avoir à mettre un pied dehors. Souvent, maintenant, on passe nos soirées tout seul à analyser les emojis et les textos qu’on reçoit, au lieu de chercher l’émotion dans les yeux de la personne avec qui on parle et de sortir pour voir le monde. C’est devenu gênant de sortir demander notre chemin, parce qu’on a « suposément » tous les moyens de savoir où est-ce qu’on s’en va. On n’utilise de moins en moins les « vieilles affaires », les vieilles méthodes qui sont mises à notre disposition : les cinémas, les épiceries, les restaurants, les salles de spectacle, la maison de notre meilleur ami, les commerces de toutes sortes du village et pourtant, on trouve le moyen d’être surpris le jour où ils ferment leur porte.

Peut-être que si on décrochait de nos écrans ; qu’on sortait un petit plus de chez nous ; qu’on partait à la rencontre des autres, sans peur d’être seul, de se perdre ou de se planter, on pourrait l’éviter, la nostalgie du temps qui passe.

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