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Nos mères méritent une pause

Chaque deuxième dimanche de mai, au Québec, nos mères sont reines. Elles reçoivent diverses petites attentions de la part de leur entourage, pouvant aller du collier de nouilles au forfait spa, en passant par les fleurs. Dans certains pays, comme l’Espagne ou l’Allemagne, la tradition commande même que les mères ne travaillent et ne cuisinent pas cette journée-là[1].

L’idée de donner une pause une fois par année à nos mères me semble révélatrice de l’immensité de la tâche qu’elles doivent assumer dans l’éducation de leurs enfants. En ce jour de la fête des mères, je tiens à leur rendre hommage pour tout ce qu’elles font pour leur progéniture. Je souhaite néanmoins vous faire prendre conscience de certains facteurs qui expliquent l’ampleur des tâches inhérentes à leur rôle.

Le partage inégal des tâches domestiques alourdit certainement la charge de travail de nos mères. En effet, à partir du moment où une personne devient parent, elle se voit instinctivement investie d’une mission : celle d’aimer, de protéger et d’élever sa descendance. Pour assurer l’épanouissement de son enfant, il faut veiller à son bien-être et cela nécessite un investissement de temps majeur. Nous n’avons qu’à penser aux couches à changer, aux devoirs à superviser, aux multiples rendez-vous à prendre, aux heures passées à aller nous porter ici et là et j’en passe. Dans l’état actuel des choses, dans une famille dite « conventionnelle[2] », c’est malheureusement la femme qui assume la plus grande partie de la besogne domestique. En effet, en 2010, au Québec, les femmes consacraient près de 28% plus d’heures aux tâches ménagères que les hommes[3]. En plus, ce sont généralement sur elles que repose la responsabilité d’organiser et de coordonner la vie familiale[4]. Ces phénomènes s’expliquent entre autre par la division traditionnelle du travail, où les mères étaient les fées du logis et veillaient à l’éducation de leurs enfants. Cependant, en 2018, les Québécoises ont majoritairement un emploi au même titre que les hommes. Ce n’est donc pas normal qu’elles doivent porter un fardeau supplémentaire par rapport à leurs conjoints.

Malgré cet écart important, nous devons tout de même nous réjouir que les hommes fassent de plus en plus leur part sur les plans domestique et éducationnel[5]. Nous progressons tranquillement vers un équilibre qui tiendrait davantage compte de la réalité des femmes d’aujourd’hui.

En attendant d’atteindre cette parité, profitons de cette journée pour remercier nos mères pour avoir accompli ce rôle malgré les contraintes qu’il comporte. Si elles font toutes ces tâches, si elles se démènent pour donner le meilleur d’elles-mêmes, c’est par amour pour nous. Alors, rendons-leur pareillement.

Source

[1] http://www.momes.net/Fetes/Fete-des-meres/L-origine-de-la-fete-des-meres (page consultée le 2 mai 2018)

[2] Famille dont les parents sont de sexes opposés.

[3] Institut de recherche et d’informations sociaux-économiques, 2014, en ligne : https://cdn.iris-recherche.qc.ca/uploads/publication/file/14-01239-IRIS-Notes-Taches-domestiques_WEB.pdf (page consultée le 2 mai 2018).

[4] Danielle CHOQUETTE, « Connaissez-vous la charge mentale? », Journal de Montréal, 2018, en ligne : http://www.journaldemontreal.com/2018/02/24/connaissez-vous-la-charge-mentale (page consultée le 2 mai 2018).

[5] Institut de recherche et d’informations sociaux-économiques, préc., note 3.

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