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Lettre à vous, chères colocs

À vous, chères colocs,

Aujourd’hui, je vous écris du haut de notre balcon à quelque part sur la rue Léonard. Ça fait déjà un mois que je redoute d’écrire ce texte, puisque je sais qu’au moment où je le ferai, vous serez déjà toutes parties. Les larmes me venaient facilement aux yeux quand je pensais à votre départ qui se rapprochait un peu plus chaque jour.  Il y a déjà de ça 3 ans, nous nous sommes lancées dans cette belle aventure qu’est la colocation.

La colocation, c’est pas toujours facile, on n’a pas toujours le parfait match tout de suite en partant. C’est un guess que tu prends pour un an et que tu décides de renouveler pour une autre année. Une autre année de cohabitation, de tâches à se partager, de fous rires dans le salon, de petites coches à péter sur le ménage et de moments de procrastination à trop manger. Dans notre cas, on est chanceuses, on a fait perdurer le match pour trois ans. Faut croire qu’on était bien dans notre 6 et demi. Faut dire que le contenant dans lequel tous nos moments de colocation s’inscrivaient n’était pas le plus chic en ville. Entre les planchers tout droit sortis de That ’70s Show, les armoires brunes, les murs blancs et le lavabo qui n’a même pas encore fini de couler, faut dire qu’on a formé toute qu’une famille. La colocation, c’est ça. C’est un peu comme recréer sa p’tite famille version home made. Ça commence chaque matin dans la cuisine autour d’un toast, les yeux ensommeillés, pas de brassière, les cheveux entremêlés à se parler de comment va être la journée et de quessé qu’on a bien pu rêver de bizarre la veille, et puis ça se finit avec des soirées popcorn devant Tout le monde en parle.

Aujourd’hui, on est la fin avril, j’ai le blues de fin de session, mais j’ai surtout le blues d’avoir dit au revoir à des colocs en or et de me retrouver seule entre nos grands murs blancs et notre plancher défraîchi. Je vous remercie, chères colocs, pour tous ces beaux moments partagés, pour nos soirées dans le salon à parler de tout et de rien, pour nos escapades dans les restaurants de la ville qui ont fait si mal à mon budget et pour toutes nos folleries qui mettaient un peu de piquant à mon quotidien. À l’aube de ma vie d’adulte, cette colocation m’aura beaucoup appris. Appris ce qui se composte, se recycle et alouette. Appris qu’une chasse d’eau peut faire bien du bruit les matins à 6h. Mais, j’ai surtout appris qu’une grande amitié peut se construire au quotidien, au fil des petites intentions, de la vaisselle pas toujours propre et des « Bon matin, t’as bien dormi ? ».

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Crédit photo : Laurie Marquis

Crédit photo couverture : Laurie Marquis

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