Menu

Quand le féminisme fait pop!

Le féminisme pop est un mouvement qui veut sortir du militantisme radical, sortir du milieu académique intellectuel et résonner dans le quotidien des gens, femmes ET hommes. Ça veut dire passer de la rue et des universités à Internet et aux boutiques de fast-fashion. Un slogan crié lors d’une manifestation devient un buzzword qui traverse la blogosphère au complet. Un discours théorique sur l’oppression des femmes se résume à une phrase catchy imprimée sur un morceau de vêtement. Du graffiti au hashtag. Des essais aux chansons pop.

FÉMINISME
Design de Kjersti Faret

« Feminism is not a dirty word. »

Quand on voit des slogans féministes envahir les grands défilés de créateurs reconnus internationalement jusqu’aux boutiques où on achète un t-shirt à 5 $, on peut en conclure que le féminisme est à la mode. Du moins, il fait vendre. Tant les vêtements de haute couture Dior que les pulls H&M. De plus en plus de vedettes s’affichent féministes : Emma Watson, Beyoncé, Taylor Swift, Zooey Deschanel, Miley Cyrus, Angelina Jolie, pour ne nommer que celles-là. À le voir se promener de bouche en bouche, dans certaines que l’on entend souvent et qui parlent fort, le mot gagne en puissance. Plutôt que de se salir, il gagne de la valeur.


Photo de Peter Alexander Robb

« This is what a feminist looks like. »

Qu’en est-il de l’aspect capitaliste derrière la vente de tous ces produits de consommation ? Des chaînes de vêtements à bas prix engagent des couturières de pays du tiers-monde pour des salaires qui les placent sous le seuil de la pauvreté. Certaines compagnies présentent des campagnes publicitaires avec une diversité corporelle, mais appartient au même propriétaire que certaines grandes marques avec des publicités sexistes et clichées.

FashionFeminism
Photo de Pascal Le Segretain du défilé Dior de septembre 2016 reprenant la phrase de Chimamanda Ngozi Adichie

 « We should all be feminists. »

La réalité, c’est qu’être féministe, c’est rempli de contradictions. Comme n’importe quel mouvement qui appelle au progrès, cela demande de changer des habitudes et des structures qui sont parfois ancrées bien profondément en nous. Assez loin parfois pour que nous en ne soyons pas complètement conscients. La révolution ne se fait pas en un jour. Et plus on est à participer aux luttes féministes, à assumer le mot et ce qui vient avec, le plus près on se trouve de changements sociaux.

WeCanDoIt
Affiche de J. Howard Miller

« We can do it! »

Rendre le féminisme plus accessible, c’est bien, mais à mon sens, ce n’est qu’une étape. Ça ne peut pas s’arrêter à ce que tout le monde porte un t-shirt « Women’s rights are human rights ». Il faut que les gouvernements mettent en place des lois, des programmes, des investissements dans cette lutte. Il faut que ceux qui ont du pouvoir, ceux qui ont de l’argent, donc, puisque c’est ainsi que ça fonctionne dans un monde capitaliste, prennent des mesures, défendent les droits des opprimés, reversent une partie des profits à des organismes qui viennent en aide aux femmes à travers le monde, ou payent mieux leurs employéEs. Ça peut passer par nous, au quotidien, qui continuons de parler de féminisme autour de nous. Si nous avons un pouvoir de consommateur, il faut bien s’en servir. Il faut se renseigner et demander à savoir ce qui sera fait avec notre argent.

FightLikeAGirl
Photo de Rochelle Brown

« Fight like a girl. »

Le féminisme est en effervescence. Mais ce n’est pas encore le temps de célébrer. La lutte n’est pas gagnée.

Crédit couverture : Autocollant créé par Amelia Greenhall
Pour plus d’informations, c’est ici.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

© La Fabrique Crépue. 2022. Tous droits réservés
Conception de site web - Effet Monstre