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Parfumée de citrons dorés

Je la sens glisser vers moi
Elle me guette
Ma présence lui fut si facile à déceler

Se glissant à travers l’herbe menue
Sa fraîcheur s’abandonne sous mes pieds

Au beau milieu de l’efflorescence des champs
Elle se harponne à mon épiderme
S’y agrippant, me submergeant.

Sinueusement le long de mon dos nu
Sur la nuque de mes bonheurs heureux
S’enlacent à la longitude de mes bras

Elle froisse ma peau comme l’on froisserait des feuilles de soie
Frêles et volatiles
Silencieuses sentinelles des présents emmaillotés.

Éprise d’une englobante étreinte
Elle s’y enivre graduellement

Se départissant du givre de ses glaçures
S’abandonnant à une dissolution prismatique
Se métamorphosant sous la légèreté des voilages tissés

Ces pâles roses
Ce plafond azur
Elle s’abandonne à tous

La sombre saison pleure rose sous l’équinoxe céleste du vernal
Se mourant sans être pleurée
Disparaissant au cœur de ses oreilles au gré des soupirs caniculaires

Défibrillation d’une nature en mourance
Réanimation d’une saison perdue

J’ai senti ses étoffes se mêler au vent
S’entrelacer au son des mouches à miel
Se déployer sous l’apparition des migrateurs atmosphériques

Elle s’y réinvente
S’y meurt et s’y renait
Elle est tout à la fois sans n’être quoi que ce soit.

La bulbeuse éclosion des longues journées
L’apparition saturée des chauds camaïeux d’été
S’affublant de l’innocence des matins légers

Étendue au beau milieu de l’efflorescence des champs
L’horizon peint de jaune
Ornementé de parures dorées
S’est parfumé d’effluves citronnés

Tout coexiste rien ne se questionne
Nous n’apprécions plus le simple

Le vent s’y fait secrètement bruyant
Pour qui saura l’écouter susurrer
La tourmente des soirées d’été

Si l’on s’arrêtait pour apprécier ses carnations
Si l’on pouvait apercevoir la blanchâtre rosée sous son passage

Doucereusement, paisiblement, imperceptiblement
Elle se recrée

Je dépose un baiser sur son front
Tiède et humide
Je n’aurai le temps de l’embrasser qu’elle se serra déjà envolée

D’un bouquet son départ se sera préalablement paré.

Source photo de couverture

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