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La nostalgie du cellulaire qui flippe

C’est temps-ci, j’ai la nostalgie du cellulaire qui flippe. Ce bon vieux flip phone. Celui qui ne contenait souvent pas plus qu’une seule application, soit celle de la calculatrice. Celui qui te faisait capoter si en plus, t’avais la chance d’avoir un convertisseur d’unités de mesure. Enfin! La conversion de kilogrammes en livres était à la portée de ta main! Puis, ton niveau d’excitation face à ta nouvelle acquisition s’arrêtait pas mal là. Sauf si t’avais un petit jeu, là ça devenait carrément exaltant… jusqu’à ce que tu te butes à sa piètre qualité, et au manque de variété.

Toutefois, il était toujours possible de rester accroché à ce bon vieux cellulaire : gracieuseté de la messagerie texte. T’en rappelles-tu? De texter avec un seul pouce? C’est probablement la seule raison d’ailleurs qui explique le fait que t’as un pouce plus gros/musclé que l’autre encore aujourd’hui. Parce que c’était carrément du conditionnement physique de pouce, de devoir appuyer une fois sur le « 2 » pour faire le « A », puis d’appuyer deux fois sur la même touche pour le « B », puis 3 fois pour le « C »… et ainsi de suite. Ça en devenait un sport olympique quand t’avais l’intention d’écrire un paragraphe complet!

Même qu’à force de m’exercer, j’en suis venue à maîtriser parfaitement ce grand art du « textage », en suivant la cadence nécessaire pour écrire à des gens possédant un cellulaire intelligent. J’étais une Ninja! Parce qu’en fait, je dois vous faire une confession, j’avais encore un flip phone jusqu’à l’année dernière… et j’en avais honte. Je n’arrivais plus à l’assumer. Je l’enfouissais le plus loin possible dans mon sac à dos. Alors que lorsque c’était un modèle récent, je l’arborais fièrement dans un petit étui accroché à ma ceinture de pantalon. Quand je recevais un appel téléphonique, j’me sentais un peu comme Lucky Luke, en « déflipant » mon cellulaire plus vite que mon ombre!

Toutefois, si j’avais encore un flip, ce n’était pas parce que je n’étais pas à l’aise avec un smart phone. Bien au contraire. Mais mon flip me convenait. Il était résistant, l’écran ne pouvait pratiquement jamais fendre et si j’avais le malheur de le perdre, c’était beaucoup moins crève-cœur pour le budget qu’un cellulaire intelligent! Mais même si mon flip phone m’a semblé invincible durant plusieurs années, il a tout de même rendu l’âme. En fait, juste avant de partir en vacances, j’me suis rendu compte que plusieurs des mes appareils étaient désuets. Mon appareil photo numérique était constamment en crise d’épilepsie lorsque j’appuyais sur les boutons. Mon vieux GPS était sur le point de me faire tourner directement dans un lac, comme dans un certain épisode de The Office (l’épisode qui démontre que le jugement reste un meilleur allié qu’un GPS défaillant, sauf si l’on s’appelle Michael Scott…) Le smart phone m’offrait donc la possibilité de tout remplacer d’un seul coup, et par le fait même, de sécuriser mon sens de l’orientation qui se compare parfois à une poule pas d’tête (mais je ne foncerais quand même pas tout droit dans un lac!).

Au début, j’étais tellement habituée d’enfouir mon ancien cellulaire que je faisais la même chose avec le nouveau. Je ne voulais pas trop en dépendre. Par la suite, j’ai commencé à le laisser à vu d’œil, sans toutefois l’utiliser lorsque j’étais avec des gens (ou rarement). Mais c’est surtout à travers les stories que j’ai commencé à me sentir « prisonnière » de ces dernières. J’en fais encore, parfois simplement dans le but de raconter des trucs avec humour, ce qui n’est pas mauvais en soi. Mais cela devient dérangeant lorsque je n’arrive pas à vivre pleinement le moment présent, en voulant absolument tout partager. Parce que t’sais, une vraie soirée réussie ne peut l’être tant que je n’ai pas publié au moins l’un de ses moments sur les réseaux sociaux! (Lire avec sarcasme la phrase précédente, merci.)

Ça me fascine à quel point je suis devenue vite dépendante de partager ces moindres instants, et de regarder ceux des autres! De me surprendre à envier  leur vie, et d’envier la mienne tellement elle a l’air nice à travers Instagram! Malgré tout, je trouve que cette application demeure utile pour faire des découvertes, que ce soit des artistes, des restos, des endroits à visiter, où faire de la randonnée, où voyager, etc. Mais j’en ai un peu marre de voir beaucoup trop de photos hyper « stagées », sans le moindre défaut. J’aimerais ça y voir un peu plus de spontanéité. Dans le genre : « T’as été la plage, puis tu pensais partager ta photo de ton début de bronzage avec ton nouveau bikini tendance puis ton p’tit drink fancy à la main, jusqu’à ce que tu te rendes compte que t’as oublié de « te raser le bikini?! Ben partage quand même ton poil s’il-te-plaît! » J’veux plus de VRAI sur Instagram!

Bref, bien que le smart phone puisse être très utile à plusieurs niveaux (bien au-delà d’Instagram), il n’en reste pas moins que trop nombreux sont les moments où j’en dépends. Dans une salle d’attente. Assise seule à un bar. Au lieu de lire ou de converser avec les gens qui m’entourent, mon pouce continue sa « mise en forme » en vaquant d’une application à l’autre, simplement pour passer le temps. Le flip phone, quant à lui, me ramenait à l’essentiel. La simplicité de ne pouvoir qu’appeler, texter, calculer, convertir des unités, et jouer à un jeu poche, si on avait de la « chance ». Avec mon flip, je me m’imaginais pas revenir en arrière, dans le temps que je n’avais pas du tout de cellulaire. Mais le smart phone me donne parfois envie de revenir vers le flip phone.

Je rends donc tous mes hommages à ce modèle de cellulaire, qui comblait mes besoins de base (et un tout petit peu plus), plutôt que de m’en créer beaucoup trop!

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