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Aimer sa fête plus que Noël

Je suis née un 4 juillet. Toutes mes fêtes d’enfant finissaient autour des verres en plastique avec mes tantes et mes parents. Mes amis étaient toutes parties voir le Rocher Percé ou manger des lobster roll dans le Maine. J’ai commencé à vraiment fêter ma fête quand j’ai eu 18 ans. Depuis, j’en fais un événement de la plus haute importance.

On dirait que depuis ma majorité, chaque nouvelle année mérite d’être soulignée comme si c’était le Jour de l’an.

Je commence à choisir ce que je vais faire à ma fête six mois à l’avance. Je prépare la liste d’invités soigneusement et je mens quand je dis à ceux qui n’en font pas partie : « Je t’ai vraiment oublié! » #oops #sorrynotsorry

Je demande à ma mère de préparer un buffet digne de ce nom et je dévalise la SAQ pour m’assurer que tout le monde ait du plaisir. Je choisis mon outfit trois mois d’avance, comme si c’était une robe de mariage (rien d’excessif).

Je n’ai jamais compris comment les gens pouvaient ne pas aimer leur fête. C’est une journée réservée à sa propre personne. Une journée où tu peux utiliser l’excuse : « C’est ma fête » pour te sortir de toutes les situations. Tu reçois des cadeaux de plus en plus excitants, parce que tes amis n’ont plus seulement des emplois d’étudiant. Tu peux décider d’aller souper dans un resto plus cher que ton loyer et tout le monde va te suivre, peut-être même que tes amis vont prendre ta facture.

Tout cet engouement, c’est peut-être parce qu’on se rend compte qu’on vieillit et qu’on n’aura pas 16 ans toute notre vie ou parce qu’on aime être le centre de l’attention le temps d’une journée. C’est peut-être parce que nos amis sont occupés et ça donne une bonne raison de se réunir au moins une fois dans l’été. Peu importe la raison, c’en est toujours une bonne pour mettre ses plus beaux habits, récolter des « Bonne fête », des compliments et des cadeaux.

Plus je vieillis, plus je fais une fixation sur ma fête. On dirait que ma maturité se soustrait à chaque bougie ajoutée.

Plus je vieillis, plus je veux souligner le fait que j’ai réussi à traverser une autre année sans écorchure – ou presque.

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