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Les jours gris

J’ai toujours aimé être triste.

À vrai dire, je ne dirais pas aimer parce que je ne pense pas qu’on puisse réellement aimer être triste. Par contre, d’une certaine façon, je trouve un réel côté positif à cette émotion.

Dans ma petite vie parsemée d’erreurs et d’apprentissages, j’ai souvent côtoyé les extrêmes. Tout de blanc ou tout de noir. Le mariage ou les funérailles, la neige ou la lave. J’ai toujours surfé sur ces grosses vagues émotionnelles que ce débalancement apportait.

Plus je vieillis, plus j’aime croire que je deviens sage et que je goûte aux entre-deux. Du moins, c’est mon objectif. Visant aussi souvent tous les « tout » et tous les « rien » du monde, j’ai perdu beaucoup d’énergie. Donc, maintenant, je souhaite simplement me reposer. Repos que j’obtiens en essayant de capturer l’équilibre, au final.

On se cachera pas que le bonheur, c’est spectaculaire. Ça coupe le souffle, ça donne espoir et ça fait même briller les choses les plus ternes. Par contre, vivre toujours dans le bonheur, ce n’est pas possible. Ce serait vivre dans un extrême tout l’temps et on rencontrerait à nouveau le débalancement cité plus haut.

On ne doit jamais viser ce qui est parfait, on doit viser ce qui est sain. Toujours.

Et l’équilibre est sain. Pour l’obtenir, il va de soi qu’on doit accepter les peines.

La réalité, c’est qu’il y aura des mauvaises journées. Il y aura peut-être même des mauvais mois et des mauvaises années, par bouts. L’équilibre, c’est d’accepter qu’il y ait ces remises en question, ces mots blessants, ces pertes et ces regrets. Ce n’est pas d’aimer, ce n’est pas de courir après, mais bien d’être en paix avec le fait qu’une vie heureuse à 100 %, ce n’est pas possible. Que ces petits malheurs, ils doivent arriver. Avec modération, bien entendu.

Pourquoi l’accepter?

Parce que peu importe comment ces petites noirceurs passagères nous font sentir, il y aura aussi de ces fous rires qui ne veulent pas s’arrêter, il y aura ces couchers de soleil qui teintent la vie couleur miel, il y aura des rencontres et des endroits jamais visités, il y aura des yeux si beaux et si doux qu’ils sembleront stopper toutes les peines du monde. Et il y aura des jours, des mois et peut-être même des années où on y croira.

Accepter sa peine. L’accepter pour mieux accueillir le bonheur quand il viendra après. Parce qu’il revient toujours, parce qu’il est toujours possible. Ces peines, ces maux du coeur, ces interrogations, ce sentiment de vide; tout ça, ce n’est que passager.

On parle de confiance en soi, de la confiance en l’amour, de la confiance en l’amitié, mais, surtout, il faut se jaser de confiance en la vie.

Parce qu’être libre, c’est d’accepter de se laisser porter par les vagues et les courants qu’elle apporte. C’est de laisser partir son petit bateau à la dérive, de temps en temps.

Prends ça d’une fille qui vient de switcher de bord de la balance. Tout vient à point à qui sait attendre. Patiente, respire, sois indulgent.e envers toi-même et prends soin de toi.

Ça finit toujours, toujours, par aller mieux.

Photo de couverture : Source

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