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Faire partie des boys (mais pas l’film là!)

Il est environ 1 h am. Tu lèves ton  verre pour la énième fois en faisant un cheers avec les gars. Puis, y’en a un qui te lance la fameuse phrase suivante : « She’s one of the boys! » Cette phrase inclusive te confirme que tu as atteint le niveau de testostérone requis (façon de parler) pour faire partie de ce groupe. Sur le coup, ça te fait un petit velours en dedans. C’est toujours apprécié d’avoir un sentiment d’appartenance. Jusqu’à ce que tu constates que cette phrase vient de te catégoriser dans la plus immense frienzone, ever. EVER!

Eh oui! Bienvenue dans ce merveilleux univers de la friendzone, là où ton sex-appeal ne te sera plus d’aucune utilité dans ce cercle d’amis, et où ta vie amoureuse prendra le grand risque d’être hypothéquée! Parce que sans le vouloir, à force d’être entourée de gars, surtout dans les bars, tu deviens un peu inatteignable. T’sais, c’est déjà pas évident pour un être humain d’avoir le courage d’aborder un autre être humain à la base, imagine lorsque tu es entourée de plusieurs messieurs, ça peut être intimidant. Mais n’en délaisse pas pour autant tes bons amis! Fais simplement sortir de ce groupe parfois, pour varier les rencontres et optimiser tes chances de te départir de ce célibat, qui te colle beaucoup trop à la peau.

Pour en revenir aux amis garçons. De mon côté, dès mon très jeune âge, j’ai souvent eu tendance à vouloir me tenir avec le sexe opposé. Toutefois, ce ne fut pas toujours évident! À l’école primaire, c’était plus ardu car pour attirer l’attention de ces jeunes camarades de classe, j’avais l’impression qu’il fallait être soit ultra jolie ou excellente en sport. Triste réalité, tristes clichés, je l’avoue. Je n’étais point douée en sport. Et je soupçonne ma beauté d’avoir fugué à mes 10 ans. On la retrouvait probablement affichée sur les pintes de lait, à cette époque, avec un texte allant comme suit :

AVIS DE RECHERCHE

RECHERCHÉ(E) : le joli minois de Patricia
VU POUR LA DERNIÈRE FOIS : Le 13 mars 1995
CAUSE POSSIBLE DE LA DISPARITION : la fameuse transition pubertaire…

Puis, c’est après le port d’appareils orthodontiques et une multitude d’essais/erreurs au niveau capillaire que j’ai retrouvé, des années plus tard, mon joli minois, vers les 18 ans. Y’a que mes parents ici avec tout leur amour inconditionnel qui auront envie de dire : « Ben non franchement! T’as toujours été aussi belle, peu importe les étapes (pas toujours glorieuses, permettez-moi la parenthèse) de ta vie! »

Bref, concernant cette soirée précédemment décrite avec le « tu » plutôt que le « je » (parce qu’il y en a sûrement quelques-unes, je l’espère, qui se sentent le moindrement interpellées par mes propos), c’est après la fameuse réplique « she’s one of the boys », que ta féminité te chuchote à l’oreille : « À partir de maintenant, moi, je ne peux plus rien faire pour toi, I’M OUT OF HERE!! » Même qu’à force de voir à la table ces quelques amis barbus se flatter fièrement la pilosité faciale, tu finis par avoir envie de le faire et tu te tâtes le menton d’la même façon en y découvrant de manière inattendue… un poil follet (le premier poil qui précède la barbe)!

T’sais, y’a une théorie qui avance que lorsque plusieurs femmes passent beaucoup de temps ensemble, leur cycle menstruel se synchronise. Tu finis donc par te demander s’il en est de même lorsque tu es particulièrement entourée par la gente masculine, mais que ce serait plutôt ta pilosité qui s’en retrouverait affectée! (Mais non, je te rassure, ça rien à voir. Si le ratio « poils en dessous du menton/amis de gars » serait proportionnel, j’aurais probablement un p’tit pinch! Mais je n’en ai qu’un. Un poil! Pas un pinch! Et ma féminité se porte très bien malgré tout. Elle ne m’a jamais réellement quittée, à vrai dire.)

Bref, pour en finir avec la pilosité et en revenir à l’amitié, sans vouloir généraliser, c’est possible que t’aies plus d’atomes crochus avec les gars. Tu peux croire que c’est parce qu’ils sont relativement plus simples, moins susceptibles, plus directs, qu’ils ne passent pas par quatre chemins, que la chimie est meilleure avec eux grâce à ton sens de l’humour qui rejoint plus le leur. Puis après, en y songeant comme il faut,  tu connais beaucoup d’hommes qui sont le contraire de cette image beaucoup trop générique. Certains sont très complexes, ou susceptibles. Certains font le tour du monde à la marche et à la nage avant d’arriver à dire leur façon de pensée, et d’autres ont un sens de l’humour soit absent, soit complètement contraire au tien. Tu finis donc par déduire que tu n’arriverais même pas à mettre tes propres amis dans le même moule, tant ils sont différents. Puis que tout compte fait, en faisant le calcul, t’as peut-être plus d’amies filles que tu pensais, qui elles aussi ont des traits de caractère, des particularités qui diffèrent, et que t’apprécies tout autant.

Après tout, l’important, c’est d’être bien dans un groupe d’ami(e)s, peu importe le genre et le nombre. D’y évoluer en l’absence de tout jugement et d’y accueillir ces différences qui peuvent nous unir. De s’épanouir dans un groupe où être soi-même se fait naturellement. Ce genre d’ami là, c’est précieux, et ça se compte bien souvent sur les doigts d’une main. Mais si en plus, la vie t’en offre par pelletée, puis que tu te retrouves soudainement dans une super gang qui te lève son verre en te disant « she’s one of us», ou du moins, qu’on te le fait grandement ressentir, eh bien, lève leur fièrement ton verre en retour et accueille cette grande dose d’amour avec beaucoup de reconnaissance! À l’amitié!

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