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Vivre en montagnes russes : les dessous du TPL

Déf : instabilité au niveau des émotions, du comportement, de l’image de soi et des relations avec l’entourage. L’état limite ou le trouble de la personnalité limite rassemble un cocktail de symptômes qui apparaissent le plus souvent à l’adolescence.

Il y a un an de cela, je commençais à rédiger pour la Fabrique. Il y a un an également, je venais de me donner le droit à un nouveau départ. Il y a un an, je terminais la thérapie cognitivo-comportementale pour soigner un trouble de la personnalité limite.

Si tu me demandes c’est quoi à mes yeux la définition d’un trouble de personnalité limite, je te définirais le tout comme d’énormes montagnes russes terrifiantes. Et Dieu sait que je déteste les manèges. Pour moi, y’avait un vide immense à combler, que je ne comprenais pas trop. J’étais souvent seule, et avec raison, puisque je passais mon temps à me chicaner avec tout un chacun. J’essayais de noyer ce vide en ayant tous les projecteurs sur moi, en noyant mes peines dans l’alcool, personne n’arrivait à suivre ma cadence, comprendre comment ça se passait dans ma machine à penser.

Mon humeur pouvait changer du tout au tout en l’espace de quelques minutes. La journée pouvait aller super bien, mais une petite situation en apparence sans importance pouvait me rendre dans un état de déprime sans pareil. À un point tel que, pour un oui ou pour un non, je pouvais me retrouver isolée dans les toilettes à pleurer, à me dire que je suis inutile dans ce monde et vouloir en terminer…

Puis, je pouvais passer dans un tout autre état d’extase totale, parce que mes sentiments à l’égard d’une personne étaient partagés.

Des hauts et des bas, continuellement, sans arrêt. C’était ça, pour moi, le TPL.

J’ai eu la chance de faire partie de ceux qui ont pu bénéficier de la thérapie par l’approche cognitivo-comportementale offerte par le CLSC.

Ce que ça m’a apporté? De la stabilité. La capacité à reconnaître ce qui se passe en moi et agir au lieu de RÉagir.

J’te dirai pas que ça a réglé tous mes problèmes, parce que c’est faux. Une thérapie, ça ne fera pas le travail à notre place. C’est toujours à nous d’affronter ce qui nous arrive, d’y faire face pour en ressortir plus fort. Par contre, la thérapie m’aura apporté des outils que j’utilise encore, plus d’un an après avoir terminé ce processus.

La thérapie m’aura appris à comprendre comment mon cerveau fonctionne : les distorsions cognitives que j’utilise et à quel point celles-ci ne sont pas rationnelles. La thérapie m’a aussi appris à gérer la détresse, à reconnaître les émotions que je vivais et surtout POURQUOI je les ressentais ainsi. En fin de compte, j’aurai appris à gérer les émotions qui autrefois me faisaient vivre des crises sans arrêt.

Comme je l’ai mentionné, la thérapie nous aide mais ne règle pas tout. Le travail reste à faire, continuellement, jour après jour. Ce n’est pas toujours rose. Y’a des jours plus faciles que d’autres. Des jours où j’ai encore l’impression que la Terre entière m’abandonne et d’autres où je me sens choyée d’être si bien entourée.

Dans tous les cas, sache que si toi ou un proche es atteint du trouble de personnalité limite, ça peut aller mieux. Il faut juste se donner le temps et les outils pour mieux comprendre, et ainsi mieux aller. Je sais à quel point tout peut avoir l’air noir et sans issue, mais faut pas lâcher. Courage!

Source photo de couverture: PIXABAY

 

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