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Ma relation love-hate avec les réseaux sociaux

J’ai une relation love-hate avec les réseaux sociaux. D’un côté, c’est devenu une grosse partie de notre vie ; c’est super pour partager de l’information, de l’art, des idées, des souvenirs. De l’autre, j’ai l’impression que ça nous rend moins vrais, moins réels.

L’affaire avec les réseaux sociaux, c’est que tu choisis ce que tu montres. Tu peux faire semblant d’être ce que tu veux, tu peux t’inventer une vie au complet si t’en as envie. Pis j’ai l’impression que ça fait en sorte que tout ce qui compte maintenant, c’est l’image que tu projettes. Que ta projection vaut plus que toi-même. Est-ce que c’est ça qu’on est devenus? Une génération hologramme?

Est-ce que tu vas à quelque part parce que t’aimes vraiment ça ou simplement parce que c’est instagrammable? As-tu acheté ce chandail-là parce que tu le trouves beau, ou parce que tout le monde en a un pis ça va être cool pour la photo que tu vas poster avant de sortir au Shaker mercredi soir? Do it for the ‘gram, okay, mais à quel point? Le fais-tu pour toi aussi?

Ça me fait peur de penser que tout et tout le monde autour de moi est une distorsion de la réalité, un mensonge, une façade. Que la technologie permette de faire semblant encore plus facilement.

Ça me rend triste quand je vois des gens autour de moi qui overthink des captions sur Instagram ou qui perdent la tête pour des stories pis des likes sur Instagram, des couples qui se surveillent sur Snapchat et qui se mettent à jouer des mind games parce que l’autre a pas répondu en deux minutes. C’est comme dans le temps où t’écrivais une parole de chanson dans ton nik sur MSN pour passer un message, mais c’est pire.

Personnellement, j’aime pas avoir à deviner ce que quelqu’un d’autre ressent. Si y’a quelque chose qui va m’allumer, c’est quelqu’un qui est clair avec ses intentions, quelqu’un qui a pas peur de ressentir ce qu’il ressent et quelqu’un qui dit ce qui pense réellement.

Je comprends pas pourquoi on fait semblant autant que ça, pourquoi c’est devenu important de montrer qu’on est dessus de nos propres émotions ou celles des autres. C’est presque devenu un art, que beaucoup trop maîtrisent. Parfois on dirait presque que c’est un jeu, une compétition de celui qui s’en fout le plus.

Parfois, j’ai l’impression d’être au secondaire all over again. Comme quand tu tenais vraiment à rentrer dans le moule ; quand tu voulais te démarquer, mais que tu finissais juste par être comme tout le monde. C’est pas normal que ton opinion de toi se base sur ce que les autres pensent.

J’enlève rien aux réseaux sociaux, je crois même que c’est formidable qu’on ait autant d’outils pour s’exprimer librement. Je pense juste qu’on pourrait les utiliser de façon plus intelligente.

La vérité c’est que tu perds rien à être vrai, à être vulnérable face aux autres. T’as le droit, on l’est tous, c’est permis. Sois vrai, sois toi-même, y’a que des bonnes choses qui vont en découler, j’te jure.

Source de l’image de la couverture : Martin Dufresne

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