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S’implanter, se brancher; on est-tu obligé?

Dès l’enfance, on nous pose LA question, « Que veux-tu faire quand tu seras grand.e? », alors que, même à la veille de la grande demande au cégep, on peine parfois à y répondre. Ce jour-là, avoir écouté la petite fille que j’étais à l’époque, je serais devenue enseignante ou vétérinaire et je serais probablement assez triste, aujourd’hui. Parce qu’en vieillissant, je me suis rendu compte que ce qui m’importe le plus, c’est de faire ce que j’aime. Que ce que j’entends tout le temps, depuis vingt-quatre ans, le rêve ultime, l’aboutissement total et unique du monde et de toutes sociétés, ne me correspond pas.

Va à l’école, trouve une job qui paie, travaille, paie à ton tour, travaille, sois stable financièrement, socialement, physiquement, psychologiquement… Fine, all good. Mais que faire de l’adage « reste toi-même »? Parce qu’au fond, c’est le plus important, non? Rester soi-même malgré ce que les autres en pensent. Faire ce qu’on aime malgré ce qu’ils en disent, malgré que ce ne soit pas nécessairement on the track.

On a-tu le droit de ne pas vouloir se brancher, 8h/24, 5 jours/7 à l’air clim d’un bureau qui nous donnera le rhume même en pleine canicule? On a-tu le droit d’économiser nos sous pour partir se « feud’artificer » les yeux pis le corps en entier n’importe où ailleurs dans le monde qu’ici, parmi la stabilité des autres qui attendent leur retraite et leur régime de pension? On a-tu le droit de profiter de la vie sans vouloir vivre selon les patterns déjà établis?

Why not?!

Moi, je désire bouger, vibrer au rythme de mes passions, m’émerveiller devant de petits riens, vivre pleinement. J’ai le caprice de vouloir créer mon propre pattern, d’aller me perdre dans le bois, de me bâtir loin du monde civilisé, d’écrire des romans, des poèmes et de faire le tour du monde avec l’homme de ma vie.

Mon rêve, c’est ça. Il est essoufflant et plein de vigueur, mais il m’appartient. Je suis une touche-à-tout qui a une pelletée de nuages de rêves fous plein la tête, qui n’a pas envie de s’implanter ni de se brancher. Pas tout de suite. Peut-être jamais.

On est-tu obligé?

Source photo de couverture: Corinne Kutz on Unsplash

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