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J’ai peur de dire que je suis heureuse

Le bonheur, ça me donne le vertige parfois. Oui oui, le vertige. Parce le bonheur, il me fait monter tellement haut dans les airs que, quand je constate où je suis rendue, je prends peur. Je prends peur de cette hauteur, parce que j’ai peur de descendre. J’ai peur de tomber soudainement. La chute arrive dans crier gare.

Dans la vie, on constate rarement qu’on est heureux, parce qu’on le vit. C’est tout. Mais quand on le constate, qu’on en prend enfin conscience, on prend aussi conscience que c’est fragile. Aussi fragile que du papier de soie qu’on chiffonne pour emballer des cadeaux. Et c’est précisément à ce moment que je prends peur.

Peur de tout perdre, que tout parte. Peur de tomber de ma tour d’ivoire, parce que j’avais les yeux fermés sur les malheurs qui me guettaient.

Dans ces moments de semi-nostalgie, je trouve ça difficile de profiter du bonheur qui m’atteint enfin. J’ai de la misère à profiter du moment présent. J’ai envie de dire à tout le monde à quel point je suis heureuse. Mais si je le crie trop fort, quelque chose pourrait me l’arracher. Parce que quand tout va bien, il y a toujours quelque chose qui vient tout chambouler.

La joie, le bonheur, c’est précaire, c’est fragile, c’est léger.

Habituellement, je me laisse porter par cette légèreté au quotidien. Mais c’est lourd de savoir que quelque chose peut grafigner mon bonheur à tout moment.

Je chéris donc tous les petits moments de bonheur que je caresse, mais avec la peur au ventre que quelqu’un ou quelque chose me l’enlève, de sorte que je tombe et fasse une chute libre vers l’anti-bonheur. Jusqu’à maintenant, je ne fais que continuer de grimper et grimper et grimper. Et je sais que ma chute n’en sera que plus douloureuse.

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