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Je pense à toi souvent (mais pas si souvent que ça quand même vas pas t’enfler la tête avec ça)

Je pense aux rires, aux petites étoiles dans les yeux, à la simplicité de ta compagnie, aux sourires en coin, à ton sourire, ton criss de grand sourire trop beau pour être vrai. À ta magie, à ta façon d’être totalement intrigant sans être sombre et mystérieux comme tous les autres gars qui ont un tatoo d’art abstrait sur l’avant-bras.

Je pense à ton sourire, à ta façon de sourire avec toute la face, tes yeux qui se brident légèrement, tes pommettes qui te donnent un peu l’air d’une poupée et qui brisent toute ta crédibilité de grand gars sérieux pis mature.

Je te trouve beau, pis c’est pas un secret pour personne, même pas pour toi.

Tu me trouves belle, pis c’est pas un secret pour personne, même pas pour moi.

Tout est là, sur un plateau d’argent de soirées passées à avoir du fun sans s’effleurer, sans se confirmer l’envie qu’on a l’un pour l’autre, de soirées à juste bien s’entendre, à se faire croire que deux personnes puissent juste bien s’entendre sans nécessairement vouloir se voir tout nu.

Tout est là, pis on fait rien.

On garde ça chacun pour soi, on garde ça secret, le genre de secret qu’on se confie même pas à soi-même, le genre de secret qui nous fera nous dire « et si c’était pas resté secret? ».

Et si j’avais parlé? Et si j’avais dit « hey, t’es beau » ou « hey tu me fais rire, je fais juste regarder ta face en me demandant elle ressemblerait à quoi les yeux fermés proche, proche, proche de la mienne ».

Mais j’ai rien dit. Et t’as rien dit. Et c’est correct au final je crois.

C’est correct parce qu’on savait que ça serait pas une brillante idée. On savait que c’était précieux, cette simplicité, ces rires, et qu’on était tous les deux à un moment trop malhabile de nos vies pis qu’on aurait sûrement échappé cette affaire-là trop précieuse pour être échappée.

On a rien dit, pis comme toute histoire qui ne se consomme pas entre deux personnes qui se désirent terriblement, on a fini par arrêter de se croiser ou plutôt par arrêter de faire exprès de se croiser. On a pris nos distances pour éloigner nos mains malhabiles de la chose précieuse qui se retrouvait entre elles quand on se retrouvait ensemble.

Et ça va. Tu restes un maudit beau souvenir. Un maudit beau « si ».

Et quelque fois, quelque chose me fait penser à toi, quelque chose de niaiseux comme le sourire d’un acteur dans un film, ou deux enfants qui rigolent dans un parc, et ta face flash derrière mon front, et mon sourire sourit avant que j’aie le temps de lui dire de garder ça pour lui.

Et je me demande, et si on s’était frenchés sans se poser trop de question, est-ce qu’on se serait brisés?

Je préfère me dire que oui. Qu’à ce moment-là, tout ce qui tombait entre mes mains finissait cassé sur le plancher à faire mal à tout le monde même au plancher.

Mais y’a des jours, des petits jours tannants, où je me demande ce que ça aurait goûté tout ça.

Mais tu repenses sûrement jamais à tout ça toi.

Ou en tout cas, c’est ben plus facile de me dire que tu repenses jamais à moi, à cet été-là qui goûtait l’hiver partout ailleurs qu’avec toi, à ces moments-là où le temps s’arrêtait pis où j’aurais vraiment dangereusement pu tripper sur toi.

Ouais, je pense à toi souvent (mais pas si souvent que ça quand même enfles toi pas la tête avec ça).

Source photo de couverture: Unsplash

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