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« J’aime mieux être une mauvaise féministe… »

Vous êtes vous déjà senti.e pas à la hauteur du mot « féministe »?

Moi, ça m’arrive.

Je m’en veux de succomber au maquillage parfois et d’avoir succombé aux méthodes d’épilation définitives. Je ne sais pas toujours quoi répondre aux propos sexistes, je manque de répartie, je suis trop molle. Je me trouve faible à l’occasion, trop émotive. Je ne suis pas assez militante. Je me dis que je devrais être plus radicale. Je n’ai pas beaucoup lu d’essais féministes.

C’est bien ça, être féministe, non?

Eh bien, non, pas du tout.

C’est une manière de faire, bien entendu, mais c’est aussi rempli de clichés et ça ne peut pas fonctionner pour tout le monde.

On peut être féministe et
avoir l’air de ce qui nous plaît. Avec ou sans poils, maquillé.e.s ou pas. L’important, c’est d’avoir le choix et de ne pas se sentir obligé.e.s.

On peut être féministe et
ne pas répondre à toutes les formes de misogynie que l’on peut rencontrer dans une journée. Même ne pas y répondre du tout. Ça ne fait pas du tout partie des DEVOIRS des féministes. D’ailleurs, il n’y en a pas de DEVOIRS. C’est impossible d’éduquer tout le monde, c’est une trop grosse tâche à se mettre sur le dos. C’est déjà difficile d’éduquer une personne…

On peut être féministe et
pleurer. De rage, de peur, de tristesse, de joie. Vivre des émotions, ce n’est pas être faible. C’est normal, c’est beau. C’est parce que nous sommes des êtres sensibles que nous voulons une vie meilleure.

On peut être féministe et
ne pas manifester dans la rue. Faire partie d’un organisme ou d’un groupe féministe n’est pas un pré-requis au titre. Il y a aussi plusieurs façons de militer, de faire son petit bout de chemin. C’est important qu’il y ait du changement à plusieurs niveaux, d’une conversation de salon au discours devant une assemblée.

On peut être féministe
sans avoir étudié en Études féministes. Sans avoir une bibliothèque garnie. Les pensées féministes et tout le mouvement qui s’y rattache ne s’en sont pas tenus aux livres. Ils en sont sortis et ont investi les films, la télévision, les grands magasins, les podcasts, Internet, la culture populaire, les rues, les maisons, l’intimité. C’est possible d’en apprendre sur le féminisme partout. Et se renseigner est de plus en plus accessible.

Moi, récemment, j’ai lu Bad Féministe de Roxane Gay. Un essai féministe devenu incontournable, dit-on. La traduction française vient tout juste de sortir.

Ce livre se lit terriblement bien. Ce sont des petits chapitres, comme des articles de blogue. Pas forcément à lire dans l’ordre, d’ailleurs.

C’est vraiment une belle manière de se décomplexer d’être la personne que l’on est, la féministe qu’on a envie d’être. En même temps, ça m’a éveillée à toutes sortes d’idées et d’enjeux auxquels je n’avais pas pensé.

Beaucoup de personnes ont peur de ce mot : FÉMINISTE.

Moi, je pense qu’il faut arrêter d’avoir peur et oser l’affirmer. Peut-être qu’à force de voir émerger des gens qui le voient de manière positive, de moins en moins de personnes en auront peur.

Pour reprendre les mots de Roxane Gay : « J’aime mieux être une mauvaise féministe que n’en être pas une du tout. » (Traduction libre de : « I’d rather be a bad feminist than no feminist at all. »

Crédit photo : Eva Blue

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