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La théorie de l’extraterrestre

Extrait d’une conversation avec une amie. Enfin, de plusieurs conversations qui reviennent en moyenne aux trois mois, mettons.

Règle générale, le setup est le même : nous sommes dans un café à papoter de tout et de rien.

Puis arrive le sujet du travail.

Elle parle de ses derniers pépins. De son patron du moment. Et clôt avec la même phrase.

« J’ai l’impression que je suis vraiment pas sur mon X. J’sais pas encore ce que j’suis censée faire de ma vie, on dirait. »

Cette phrase, elle n’est pas la seule que je connais à l’avoir dit à voix haute. Cette réflexion, je l’ai moi-même eue à plusieurs reprises.

Jusqu’à ce que je me mette à lire le livre You’re A Badass de Jen Sincero, pour y rencontrer un paragraphe qui a eu un effet de masse sur mon p’tit cerveau très (trop?) rationnel.

La théorie de l’extraterrestre.

Elle paraît si simple, à première vue. Tellement simple que lorsque je l’ai lue pour la première fois, je me suis dit : « ben là, duh, ça ne m’apprend pas grand-chose cette affaire-là ». Jusqu’à ce que je la relise. Une fois. Puis deux. Puis dix. Jusqu’à ce que je comprenne réellement ce que cela implique, et comment ma vie professionnelle pouvait changer à la lumière de cette théorie.

La théorie se résume ainsi : si un extraterrestre débarquait du jour au lendemain pour passer 24h dans ton corps, qu’est-ce qu’il pourrait retenir à ton sujet au bout de cette journée? Si une personne ne te connaissant aucunement te voyait aller dans ton naturel l’instant d’une journée, qu’est-ce qu’elle assumerait sur ta vie? Que serait-elle en mesure de dire sur tes talents innés?

Je suis la première à avoir préconisé toute ma vie la raison au lieu de l’émotion. Je suis une fille de tête, je pense d’abord à ce qui est sensé, et je suis 100% le genre de personne qui se dit : « heille, j’ai zéro le temps d’avoir une émotion et j’veux rien savoir de brailler ». Au point où je peux précisément dire le moment où j’ai versé ma dernière larme (13 février 2017, échouée comme une baleine sur mon sofa au lendemain de mon party trop arrosé de 25 ans, en train de regarder Forrest Gump et de me dire mon doux, c’est don’ beau tout ça).

J’ai toujours été dans la catégorie des personnes de tête, qui vont opter pour des emplois stables. Aller à l’université en marketing? Check. Trouver un premier emploi en agence, parce que ben, j’ai eu le poste facilement? Check. Continuer dans le monde de la pub, sans vraiment me demander : « heille, j’aimes-tu vraiment ça mettons? ». Check. Me ramasser dans plusieurs postes un peu incohérents à gauche et à droite parce que ça me semblait sensé sur le coup? Check.

Prendre deux secondes pour avoir un peu de perspective sur mes talents innés, sur ces choses pour lesquelles j’ai un talent naturel? Pas check pantoute.

Cette théorie de l’extraterrestre, c’est celle qui m’a fait réaliser à quel point on peut facilement s’embourber dans des emplois qui nous paraissent bien, qui représentent l’option sensée, mais qui sont loin, bien loin de nos aptitudes naturelles. Cette théorie, c’est réellement prendre le temps de revenir à l’essentiel. C’est se demander : « heille, dans quoi suis-je naturellement bonne? ».

Ce petit paragraphe, c’est celui qui m’a donné les couilles de quitter mon emploi d’agence. De partir à la pige. De recommencer à écrire. De faire des biscuits funkés aux propos louches. De donner raison à mes pets de cerveau. De laisser aller ma créativité, qui était depuis trop longtemps enfouie dans un tiroir poussiéreux au fond de mon cerveau.

Mon amie ne le sait pas encore, mais la réponse à sa question se trouve littéralement devant elle. Elle seule la connait. Il ne lui reste qu’à se mettre dans la peau d’E.T. l’instant d’une soirée, d’une journée, ou encore d’une semaine. Mais la réponse, elle est là. Suffit de se donner la chance et le recul nécessaire pour la voir.

Et sur cette note, j’aimerais clore avec les sages paroles d’un grand prêtre, Marshall Mathers. Juste parce que.

‘’Look, if you had
O
ne shot
One opportunity
To seize everything you ever wanted
One moment
Would you capture it, or just let it slip?”

Crédit photo couverture : Geneviève Higgins-Desbiens

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