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Fait que j’ai tout scrapé

Je viens de fermer la porte. D’un coup, sans crier gare. Tu t’y en attendais pas, c’est sûr. Je viens de fermer la porte sur notre début d’histoire, notre petit bout de quelque chose. Quelque chose que j’essaie de qualifier depuis un moment. Je n’ai pas de mot, pas de qualificatif pour ce qu’on était… pour ce que je ressentais.

Pourtant, il me semble que ça fait longtemps que je t’espère. Ça fait un bout que le Dieu du 11h11 reçoit encore et encore la même demande. Déjà un bon moment que je suis convaincue d’être prête. Prête à me réinvestir, prête à donner un peu de moi-même. Puis tu débarques, avec tout ce que j’ai espéré de l’homme fait sur mesure. T’es intéressé ou du moins, tu arrives très bien à me le faire croire. Assez rapidement, on connecte sur absolument tout. On se plait l’un et l’autre. On prévoit des milliers de sorties à faire, on organise nos prochaines fins de semaine ensemble.

Mais tout ça va tellement vite. Ton romantisme censé me faire fondre me chuchote de prendre mes jambes à mon coup et d’crisser le camp au plus sacrant. Ta gentillesse et toutes tes bonnes attentions envers moi sèment le doute dans ma tête. Le premier « je t’aime » que t’articule se fracasse contre un mur de pierres. Ça ne résonne pas ; pas d’écho de sentiments, pas d’amour en retour. Ambivalente quant à cette nouvelle relation et ce « nous » à définir. T’as pourtant tout. Mais moi, mon pied reste fermement appuyé sur les breaks. Pourquoi je me sens incapable de te rendre l’amour que tu me donnes? Pourquoi j’ai la vive impression que je vais tout saboter?  L’auto-sabotage… une bonne façon sécurisante de prendre un peu le contrôle. Je te sortirai la carte de la célibataire pas tout à fait prête à s’engager, celle de l’étudiante beaucoup trop débordée ou encore celle de la fille totalement désintéressée. C’est vrai, j’ai peur, peur de me faire voler cette solitude que j’apprécie tant, peur de perdre l’indépendance que j’ai si fièrement gagnée, peur d’avoir à faire des compromis. Je me comprends pu, j’ai envie qu’on me laisse toute seule dans mon petit appart avec mes plantes vertes pis mon café.

Fait que je referme la porte, pas trop sûre de ma décision encore, pas trop sûre de ce que je ressentais. Je referme la porte sur nous. Je me dis que la prochaine fois, ce sera peut-être la bonne. Peut-être que je n’aurai pas envie de tout scraper.


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