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Je sais pas où je m’en vais (mais ça m’a jamais arrêté avant)

Je comprends pas l’été est passé où, mais dans deux semaines, je recommence l’université. D’un côté, j’ai vraiment hâte de recommencer, de retomber dans la routine; de l’autre, je sais pas si je suis prêt pour la charge de travail. Au moins, je suis enfin dans un programme que j’aime et je me vois enfin faire quelque chose avec ça plus tard. Mais faut dire que ça m’a pris du temps pour en arriver là. Je pense que c’est normal aussi, non? De pas être certain, de pas savoir?

J’veux dire, on est en secondaire cinq quand on doit choisir dans quel programme on veut aller au cégep. Un choix qui peut paraître assez simple, mais qui pourtant, est censé déterminer le reste de notre vie. Est-ce que c’est juste moi ou me semble qu’à 16 ans, je ne me connaissais pas assez pour prendre une décision d’une telle envergure? T’es juste en secondaire quatre pis on t’encourage à prendre tes maths fortes pis à faire chimie/physique, pour pas te fermer de portes, comme on dit. Et comme la plupart du monde, c’est ce que tu fais, tu suis le système, tu fais ce qu’on te dit de faire.

J’ai perdu mon temps à me casser la tête dans les cours de sciences fortes; en regardant en arrière maintenant, je réalise que ça n’a jamais été mon champ d’intérêt, ça n’a jamais été ma force. Clairement, je me serais pas inscrit en sciences «nat» au cégep. Mais dans ce temps-là, je le savais pas pis je faisais ce qui était recommandé.

En juin, dans la période d’examen, j’ai aidé mon frère plus jeune qui est au secondaire à étudier pour son examen d’histoire. Il devait apprendre par coeur les critères pour qu’une ville soit considérée comme une ville patrimoniale selon l’UNESCO. Désolé, mais c’est même pas de la culture générale ça; le seul moment où cette information va s’avérer utile à ta vie, c’est dans un tournoi de Trivia Crack pis encore là…

Me semble que c’est vraiment pas sain pour des jeunes de se mettre de la pression pour se bourrer le crâne d’informations qu’ils doivent régurgiter sur une feuille deux jours plus tard et les oublier le reste de leur vie, et qu’en plus leur capacité à le faire ou non détermine le reste de leur chemin académique. Pis je crois pas que la réussite ou l’échec d’un cours d’éducation physique devrait déterminer ou non si tu peux avoir ton diplôme.

Au cégep et à l’université, c’est un peu moins le cas vu que tes cours sont choisis selon tes intérêts. Mais encore là, ça dépend des enseignants.

Ce que j’essaie de dire, c’est que je crois pas que le système scolaire actuel est fait pour tout le monde. Tout le monde est différent, tout le monde apprend de façon différente, tout le monde a des intérêts, des forces et des faiblesses différentes. Pis j’crois vraiment qu’on devrait arrêter de se mettre de la pression avec ça; j’crois pas que nos notes soient des déterminants directs de notre intelligence, j’crois que c’est correct de s’en aller dans quelque chose sans être certain de continuer là-dedans indéfiniment, j’crois que c’est correct de changer de programme une ou deux ou trois fois, j’crois que c’est correct de pas savoir. J’crois pas que c’est moins bon de prendre un chemin qui est pas celui que tout le monde prend. Les techniques deviennent de plus en plus populaires, les formations professionnelles aussi; je crois pas que ça vaut moins qu’un baccalauréat ou qu’une maîtrise.

J’ai changé de programme deux fois avant d’être certain d’être dans le bon. Je finis l’an prochain, pis quand on me demande ce que je veux faire avec ça plus tard… je suis pas certain. Je sais pas vraiment où je m’en vais, mais ça m’a jamais arrêté avant. Je prends ça une chose à la fois. Ça va ben aller.

Crédit: Martin Dufresne

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