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Voter pour sauver l’environnement

Conscientisée depuis l’enfance, notre génération tente à sa façon de faire sa part pour préserver l’environnement. Cela se constate tout particulièrement avec l’actuelle popularité de certains mouvements, comme le végétarisme, le zéro déchet, le minimalisme, etc. Les actions qui sont posées renvoient à la même recette qui nous est enseignée depuis longtemps, à l’idée que, pour sauver la planète, il faut faire de petits gestes au quotidien, et que l’addition des efforts de chacun fera la différence.

Jusqu’à tout récemment, je croyais que  la somme des actions individuelles constituait bel et bien la solution pour assurer la pérennité de notre belle planète. La lecture du  livre L’audace d’agir[1], écrit par une jeune députée, m’a fait remettre en question l’efficacité de la voie privilégiée par ma génération. L’auteure salut et encourage évidemment les gestes individuels, mais nous conscientise sur le fait que les décisions ayant le plus d’impact sur l’environnement sont prises par nos politiciens. En d’autres termes, pour sauver l’environnement, il ne faut pas négliger le pouvoir collectif que nous avons en tant que citoyens, qui s’exerce via la démocratie.

Il est vrai que notre comportement individuel est lié aux actions que prendra le gouvernement. En effet, si ce dernier autorise des projets polluants, surtout pour l’exploitation de nos ressources naturelles, c’est qu’à la base, il y a une demande pour ces produits. Plus nous surconsommons, plus il y aura d’exploitation pétrolière, de coupes à blanc, de développements miniers et j’en passe. Toutefois, au-delà de ce rapport de cause à effet, le gouvernement a énormément de pouvoir et, avec un peu de volonté politique, nous pourrions sortir de l’immobilisme actuel et faire des pas de géants en tant que société sur le plan environnemental.

L’État pourrait agir sur plusieurs plans. Il pourrait d’abord imposer des normes plus sévères, que ce soit par rapport à tout ce qui est pesticides et polluants, ou même concernant l’obsolescence programmée, comme en Europe. Le gouvernement pourrait également cesser de soutenir ou de permettre certains projets, ou même d’imposer plus de redevances aux grands pollueurs, à l’instar de la bourse du carbone.

Un gouvernement favorable à la sauvegarde de l’environnement pourrait aussi mettre en place des mesures pour faciliter ou, s’il est plus drastique, obliger les gens à adopter des comportements écoresponsables dans leur quotidien. Pour diminuer la quantité de déchets produits par les individus, l’État pourrait tout bonnement interdire le suremballage, et forcer les épiceries à accepter les contenants réutilisables. L’humain étant de nature paresseuse, il ne modifiera souvent ses habitudes que si une contrainte se présente à lui ou si le changement ne requiert pas trop d’efforts. Par exemple, avant que les villes distribuent des bacs bruns, très peu de gens se donnaient la peine de faire du compost. Maintenant qu’il y a collecte des déchets organiques par les municipalités, le compostage va de soi pour une bonne partie de la population.

Enfin, l’État a également la possibilité d’investir dans de grands projets qui peuvent modifier de manière importante le visage de notre société. Des projets comme l’électrification des transports, l’économie circulaire ainsi que tout ce qui touche à la recherche et l’innovation nécessite dans la très grande majorité des cas la participation de l’État.

En somme, que ce soit par son pouvoir de voter des lois contraignantes, de prendre des décisions ou de dépenser, l’État a, contrairement à un citoyen « ordinaire », un réel pouvoir d’action en matière d’environnement. C’est la raison pour laquelle une attention particulière doit être prise lorsque vient le temps de choisir les gens que nous portons au pouvoir. Les élections québécoises approchent à grand pas et elles seront déterminantes pour l’avenir de notre nation. Si l’environnement nous tient tant à cœur, nous devrions tous faire l’effort de consulter les programmes des partis politiques, afin de faire un choix réfléchi, et ce, non seulement pour le bien de notre pays, mais surtout pour celui de notre planète.

Source

[1] Catherine FOURNIER, L’audace d’agir, Éditions Somme toute, 2017.

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