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Cette planète blessée et nous

Salut le monde,

Je pense qu’il faut qu’on se parle, que je te parle. Avant, je veux te dire à quel point j’aime l’être humain à m’en fendre le cœur, à quel point je crois en lui et en sa capacité de tout accomplir, à quel point je crois en nous.

Il faut que je te dise que, certains jours, je vois des choses qui me découragent et qui me déçoivent, mais je me réveille tous les matins en croyant vraiment en nous. Je trouve qu’on a prouvé à plusieurs reprises dans le passé qu’en tant qu’habitants de la Terre, ensemble, on peut être le changement qu’on veut voir dans le monde, parce qu’on EST le monde.

Puis, les problèmes environnementaux font les manchettes… Cette Terre qui ne nous appartient pas et qu’on voit trop souvent comme un dû menace de mourir et de nous emporter avec elle.

J’ai peur.

La parfois lenteur, la parfois absence de réaction de notre part me font peur.

J’essaye de ne pas juger.

J’essaye de comprendre, de nous comprendre.

Je tente de saisir ce qui nous prend de laisser la Terre dans cet état tout en sachant ce que cela nous coûtera inévitablement.

J’ai l’impression qu’on choisit le déni devant l’évidence. On veut dormir plus longtemps, parce qu’on a peur de ce qui vient avec le réveil. Le problème, c’est qu’on devrait avoir bien plus peur de notre sommeil qui s’éternise que de notre réveil imminent. On peut parfois avoir la mauvaise habitude, dans des causes autres que celle de l’environnement, de se dire qu’on peut rester assis pendant que les autres font le travail, qu’on peut simplement être un support moral. Là, on se retrouve devant un problème où tout le monde doit y mettre du sien, sans exception. Et ça nous fait peur. Et ça nous dérange…

Ça nous dérange de devoir arrêter de vivre comme lorsque nous pensions que nos actions n’avaient aucun impact sur l’existence des milliards de personnes autour de nous.

Ça nous dérange de ne plus pouvoir agir de manière inconsciente, de devoir faire un effort.

Je ne nous crois pas fainéants, je nous comprends.

Je nous comprends d’avoir peur parce qu’on sait qu’essayer de sauver la planète, ça veut dire faire des changements dans notre mode de vie, et donc sortir de notre zone de confort. Je pense que ce qu’on craint le plus et qui est inévitable, c’est de devoir se restreindre individuellement. Je le comprends, mais aujourd’hui, il faut agir. Notre non-réaction peut bien être compréhensible et, jusqu’à un certain point, justifiée, elle ne sauvera pas le monde.

Je pense que pour nous pousser à agir, nous donner envie d’agir, il faudrait qu’on réalise notre pouvoir individuel sur la situation. Il faut qu’on sache à quel point chaque personne a le pouvoir de faire une différence, que chaque personne se doit de participer à faire une différence. Aussi, je crois qu’il faut qu’on réalise qu’on est plus fort qu’on le pense. Toutes ces choses dont nous ne pensons jamais pouvoir nous passer ne nous manqueront pas autant que nous le croyons. Toutes ces habitudes que nous ne pensons pas pouvoir changer se transformeront bien plus vite que nous l’imaginons. Plus que tout, ces changements nous rendront plus forts, ils vont nous faire sentir plus forts, parce qu’ils nous prouveront le contrôle que nous pouvons avoir sur nous-mêmes.

Quand on fait un changement positif dans notre vie par rapport à une cause en laquelle on croit, le plus dur est souvent de continuer à vivre entouré de gens qui ne changeront pas. On ne veut pas faire tous les efforts nécessaires et se restreindre si le voisin ne le fait pas aussi. Toutefois, il faut des premiers pour que les autres suivent. On a déjà des premiers, il faut se joindre à eux. Il faut arrêter d’attendre que les autres le fassent avant nous ou à notre place, parce qu’on devra tous se joindre au mouvement un jour ou un autre, parce qu’on est humain et qu’on a besoin d’une Terre en santé.

On ne doit pas minimiser l’impact positif sur notre bien-être et notre bonheur que peut avoir le fait de poser des gestes qui comptent et avec lesquels on se sent en paix avec nous-mêmes et avec le monde qui nous entoure. On doit arrêter de voir le changement positif comme des restrictions, des barrières qui nous bloquent individuellement. Ce ne sont pas des barrières, c’est la charpente d’un monde plus durable qu’on se crée tous ensemble.

J’ai confiance en toi… le monde.

planète environnement prendre soin
Crédit photo : Claude Baillargeon

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